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Banco Santander, la Monarchie anglaise et
l’immobilier : « drôle de tapas »
12
février 2010 (Nouvelle Solidarité) – La crise espagnole, tout le monde est
d’accord, est d’une dimension incomparable à celle de la Grèce. Sur les 541
milliards d’euros d’exposition que les banques allemandes ont sur la zone
euro, la part de la Grèce se limite à 8%. Le plus gros, 44%, c’est à dire
244 milliards d’euros, se trouve en Espagne. Les banques françaises dont
l’exposition en Grèce est presque le double de celles de l’Allemagne, sont
exposées à hauteur de 191 milliards d’euros en Espagne. Ce n’est pas rien !

Gerald Grosvenor
La bulle espagnole est essentiellement immobilière, et le Banco Santander
lui est intimement lié. C’est Santander qui, avec l’anglais Grosvenor
Property, a lancé en Espagne, les produits dérivés adossés à des créances
immobilières. Et Grosvenor Property, c’est toute une histoire. La société
appartient à l’homme le plus riche du Royaume-Uni, Gerald Grosvenor, qui est
en même temps, 6ème Duc de Westminster, cousin de la Reine Elizabeth II et
parrain du Prince William, l’héritier de la couronne.
 Emilio Botin
Emilio Botin, PDG de Santander, et Gerald Grosvenor sont alliés en affaires,
et ils partagent aussi le même goût pour la chasse, les grandes propriétés
et le luxe.
Le New York Daily News du 12 mars 2008 rapporte que les deux hommes
possèdent de grandes propriétés dans la région de Castilla/La Mancha au sud
de Madrid. Là, dans cette propriété de 16 000 hectares, Grosvenor a
l’habitude de recevoir les Royals et même d’organiser parfois les booms des
héritiers de la couronne. La propriété de Botin n’est qu’à quelques
kilomètres de la sienne et des drôles de choses s’y produisent. Le quotidien
El Pais du 25 avril 2008 rapporte, par exemple, qu’un petit avion s’y est
écrasé en essayant d’atterrir sur la piste de la propriété. La police a
trouvé dans l’avion 200 kg de drogue (haschisch) provenant du Maroc. Le seul
survivant de cette équipée, un homme qui attendait l’avion sur la piste
d’atterrissage, a été arrêté, puis relâché, avant d’être envoyé à l’étranger
où il a disparu. Le porte-parole de la famille a déclaré cependant que cet
incident n’avait rien à voir avec la famille Botin.
Mais les avoirs de Santander ne se limitent pas à des propriétés
immobilières. Depuis l’orage financier qui s’est déchaîné contre les pays du
Club Med, Jose Manuel Campa, secrétaire d’État espagnol à l’Économie et aux
Finances, est très occupé. Lors d’un récent voyage à Londres, il a dû
s’expliquer devant un gratin de 150 financiers et décideurs économiques de
la City, sur l’état de l’économie espagnole. Même chose à Paris, où il est
passé le 9 février dernier. Dans une interview à Les Echos, il est présenté
comme un « universitaire renommé » de l’IESE Business School. Ce que l’on ne
dit c’est que jusqu’en 2009 lorsqu’il a été nommé sous-secrétaire d’État,
Jose Manuel Campa occupait, en effet, la chaire de « Institutions
financières et de la gouvernance d’entreprise », dans cette International
Business School de l’Université de Navarre. Il faut savoir cependant qu’il
s’agit d’un emploi rémunéré et qu’il l’est par Banco Santander ! On apprend
aussi que M. Campa n’a pas démissionné de ses fonctions, mais qu’il a juste
pris un congé de longue durée.
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