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Classical Revolution / Révolution classique
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The Prometheus Factor : Forethought for the Benefit of Mankind

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Lyndon LaRouche has stressed the reality of the "Prometheus factor" in history, as the actual quality of humankind which can, and must, defeat the oligarchy (Zeus).

We provide here, from the Herbert Weir Smyth translation of Aeschylus’s Prometheus Bound , Prometheus’s own exposition of his purpose, presented to the Chorus, which has asked him why Zeus and Hephaestus have chained him to a rock, to be tortured :

PROMETHEUS :
No, do not think it is from pride or even from willfulness that I am silent. Painful thoughts devour my heart as I behold myself maltreated in this way. And yet who else but I definitely assigned their prerogatives to these upstart gods ? But I do not speak of this ; for my tale would tell you nothing except what you know. Still, listen to the miseries that beset mankind—how they were witless before and I made them have sense and endowed them with reason. I will not speak to upbraid mankind but to set forth the friendly purpose that inspired my blessing.

First of all, though they had eyes to see, they saw to no avail ; they had ears, but they did not understand ; but, just as shapes in dreams, throughout their length of days, without purpose they wrought all things in confusion. They had neither knowledge of houses built of bricks and turned to face the sun nor yet of work in wood ; but dwelt beneath the ground like swarming ants, in sunless caves. They had no sign either of winter or of flowery spring or of fruitful summer, on which they could depend but managed everything without judgment, until I taught them to discern the risings of the stars and their settings, which are difficult to distinguish.
Yes, and numbers, too, chiefest of sciences, I invented for them, and the combining of letters, creative mother of the Muses’ arts, with which to hold all things in memory. I, too, first brought brute beasts beneath the yoke to be subject to the collar and the pack-saddle, so that they might bear in men’s stead their heaviest burdens ; and to the chariot I harnessed horses and made them obedient to the rein, to be an image of wealth and luxury. It was I and no one else who invented the mariner’s flaxen-winged car that roams the sea. Wretched that I am—such are the arts I devised for mankind, yet have myself no cunning means to rid me of my present suffering.

CHORUS
You have suffered sorrow and humiliation. You have lost your wits and have gone astray ; and, like an unskilled doctor, fallen ill, you lose heart and cannot discover by which remedies to cure your own disease.

PROMETHEUS
Hear the rest and you shall wonder the more at the arts and resources I devised. This first and foremost : if ever man fell ill, there was no defence—no healing food, no ointment, nor any drink—but for lack of medicine they wasted away, until I showed them how to mix soothing remedies with which they now ward off all their disorders. And I marked out many ways by which they might read the future, and among dreams I first discerned which are destined to come true ; and voices baffling interpretation I explained to them, and signs from chance meetings. The flight of crook-taloned birds I distinguished clearly—which by nature are auspicious, which sinister—their various modes of life, their mutual feuds and loves, and their consortings ; and the smoothness of their entrails, and what color the gall must have to please the gods, also the speckled symmetry of the liver-lobe ; and the thigh-bones, wrapped in fat, and the long chine I burned and initiated mankind into an occult art. Also I cleared their vision to discern signs from flames,which were obscure before this.
Enough about these arts. Now as to the benefits to men that lay concealed beneath the earth—bronze, iron, silver, and gold—who would claim to have discovered them before me ? No one, I know full well, unless he likes to babble idly. Hear the sum of the whole matter in the compass of one brief word—every art possessed by man comes from Prometheus.

(Click here) for the full text of The Prometheus bound of Æschylus
tr. by Marion Clyde Wier

Eschyle, Prométhée enchaîné


PROMÉTHÉE …Mais, ce que vous demandez, la cause de mon supplice, je vais vous l’apprendre.
A peine assis sur le trône de son père, distribuant à tous les Dieux des honneurs et des récompenses, il tâcha d’affermir son empire. Mais, quant aux malheureux mortels, loin de les admettre à partager ses dons, il voulait les anéantir, et créer une race nouvelle. Personne ne parut s’y opposer ; seul je l’osai ; seul, j’empêchai, qu’écrasés de la foudre, les humains n’allassent peupler les Enfers. Voilà la cause des rigueurs qui m’accablent, de ce tourment, douloureux à subir, horrible même à voir. Parce que j’ai eu pitié des mortels, on n’a point eu pitié de moi : mais, traité sans miséricorde, je sers de reproche à Jupiter.
LE CHŒUR.
Ah ! Prométhée, quel cœur de roche ou de fer pourrait ne pas compatir à tes souffrances ? Pourquoi les ai-je vues ? mon cœur en est percé de douleur.
PROMÉTHÉE.
Sans doute, mes amis en auront compassion.
LE CHŒUR.
Mais, n’as-tu rien fait de plus ?
PROMÉTHÉE.
Par moi les hommes ne désirent plus la mort.
LE CHŒUR.
Quel remède leur as-tu donné contre le désespoir !
[250] PROMÉTHÉE.
J’ai placé chez eux l’espérance aveugle.
LE CHŒUR.
Don précieux, que tu as fait aux mortels !
PROMÉTHÉE.
De plus, je leur ai fait part du feu céleste.
LE CHŒUR.
Le feu ! Les mortels possèdent ce brillant trésor ?
PROMÉTHÉE.
Oui : et, de ce maître, ils apprendront bien des arts.
LE CHŒUR.
Voilà donc pourquoi Jupiter te punit si cruellement ? et n’auras-tu point de relâche ? n’y aura-t-il pas un terme à tes maux ?
PROMÉTHÉE.
Nul autre terme que celui qu’il voudra.
LE CHOEUR.
Voudra-t-il qu’il y en ait ! l’espères-tu ! Ne sens-tu point ta faute ! Mais te la reprocher, ne serait point un plaisir pour moi, et serait une peine pour toi. Cessons, et cherche à te délivrer.
PROMÉTHÉE.
II est aisé, du port, d’exhorter et de conseiller ceux qui sont dans la tourmente ! J’avais tout prévu. J’ai voulu commettre ma faute, je l’ai voulu, je ne le nie point. Pour secourir les mortels, je me suis perdu moi-même ; mais je n’imaginais pas que je serais ainsi condamné à me voir consumé sur ces rocs, au sommet désert de ce mont inhabitable. Vous, cependant, ne vous contentez point de déplorer mon malheur présent ; descendez près de moi, venez apprendre le sort qui m’est réservé et connaissez tout mon destin : ne me refusez point, compatissez à un malheureux.
Hélas ! L’infortune voltige autour de nous, et menace
toutes les têtes….
… PROMETHÉE.
Si je me tais, ce n’est point par orgueil ou par dédain ;
mais la fureur dévore mon âme, quand je me
vois attaché à cette roche. Et, toutefois ! à quel autre
qu’à moi ces nouveaux Dieux doivent-ils leurs honneurs ?
N’en parlons plus : ce serait dire ce que vous
savez. Écoutez seulement quels étaient les maux des
humains, et comme, de stupides qu’ils étaient, je les
ai rendus inventifs et industrieux ; je le dirai, non
comme ayant à me plaindre d’eux, mais pour vous
exposer tous mes bienfaits. Avant moi, ils voyaient,
mais voyaient mal ; ils entendaient, mais ne comprenaient
pas, pareils aux fantômes des songes, depuis des siècles,
[450] ils confondaient tout. Ne sachant se servir
ni de briques, ni de charpente, pour construire des
maisons éclairées, ils habitaient, comme l’avide fourmi,
des antres obscurs, creusés sous la terre. Ils ne distinguaient
à nul signe certain la saison des frimas, de
celle des fleurs, des fruits, ou des moissons. Sans
réflexion, ils agissaient au hasard, jusqu’au moment
où je leur fis observer le lever, et, ce qui est encore
plus difficile à connaître, le coucher des astres. Pour
eux, j’ai trouvé la plus belle des sciences, celle des
nombres, j’ai formé l’assemblage des lettres et fixé la
mémoire, mère des sciences, âme de la vie. J’ai, le
premier, accouplé les animaux sous le joug, afin qu’asservis
aux hommes, attelés ou chargés, ils succédassent
à leurs pénibles travaux. Par moi, les coursiers,
accoutumés au frein, ont traîné des chars pour
la pompe du luxe opulent. Nul autre que moi n’a
inventé ces vaisseaux errant sur la mer, voitures ailées
des matelots. Infortuné ! Après tant d’inventions pour
aider les mortels, je ne trouve pour moi-même aucun
moyen de terminer les maux que j’endure.
LE CHŒUR.
Tu as manqué de jugement, et tu en portes une
peine incroyable. Mais, mauvais médecin, dans tes propres
maux tu désespères et ne sais quel remède y appliquer.
PROMÉTHÉE.
Entends le reste, et tu admireras bien plus les arts
et l’industrie que j’ai donnés aux mortels. Avant moi,
et c’est ici mon bienfait le plus grand, étaient-ils
attaqués de quelque maladie, nul secours pour eux,
soit en aliments, soit en potions, soit en topiques, nul
médicament ; ils périssaient. Aujourd’hui, par les
compositions salutaires que j’ai enseignées, tous les maux
se guérissent. J’ai fondé dans tous les genres la divination.
J’ai, le premier, distingué, parmi les songes,
les visions véritables ; j’ai expliqué les pronostics difficiles
et les présages fortuits en voyage. J’ai défini
exactement le vol des oiseaux aux serres recourbées,
et ceux de ces animaux, qui, de leur nature, sont d’un
augure heureux ou sinistre ; leur vie habituelle, et ce
qu’il règne entre eux de haine, ou d’amour et d’union ;
enfin, ce que le poli et la couleur des entrailles des
victimes a d’agréable aux Dieux, et la beauté diverse
des formes du fiel et du foie. Étendant sur le feu,
dans une enveloppe de graisse, les viscères et les
cuisses des animaux, j’ai conduit les mortels à une
science difficile et fait parler à leurs yeux des signes
flamboyants jusqu’alors invisibles.
[500] Ce n’est pas tout : ces biens utiles, enfouis dans la terre,
l’airain, le fer, l’argent et l’or, qui se vantera de les avoir
découverts avant moi ? Nul, sans doute, s’il ne veut être un
imposteur. En un mot, tous les arts, chez les humains,
sont dus à Prométhée.

(Cliquez ici) pour le texte complet du Prométhée Enchaîné d’Eschyle. Traduction française : F.-J.-G. de la Porte du Theil, Théâtre d’Eschyle. Paris, Garnier, 1880