News / Brèves
Food Weapon / Arme alimentaire
Back to previous selection / Retour à la sélection précédente

Sécheresse : Fermons le casino pour nourrir l’humanité

Printable version / Version imprimable


Sécheresse : Fermons le casino pour nourrir... par Solidarite_et_Progres

Intervention spéciale de Jacques Cheminade et Karel Vereycken sur l’urgence alimentaire mondiale

Spéculation alimentaire : le Crédit Agricole sur la défensive

(Nouvelle Solidarité) – Le 1er juin, Jacques Cheminade, candidat à la présidentielle 2012, publiait son plan sécheresse « Coupons l’herbe sous les pieds des spéculateurs ! » avançant les mesures clés qui doivent être entreprises dès maintenant face à l’urgence alimentaire mondiale.

Pour permettre une politique de production digne de ce nom, Cheminade appelle avant toute chose à « nettoyer les écuries d’Augias » : « La spéculation sur les produits agricoles avec des ETF (trackers, avec effet de levier) doit, en particulier, être interdite. N’est-il pas insupportable qu’une banque comme le Crédit agricole (pour ne nommer qu’elle), qui se montre si généreuse en offrant des facilités de trésorerie aux victimes de la sécheresse, continue, via Amundi, à spéculer sur les prix agricoles ? »

Alors que la déclaration de Cheminade a été largement diffusée dans les milieux agricoles, Amundi s’est mis sur la défensive en envoyant en première ligne son gérant des investissements agricoles (Amundi Funds Global Agriculture), Nicolas Fragneau, pour une interview dansLe Figaro du 6 juin titrée : « Nous ne participons pas à la raréfaction de l’agriculture ».

Tout au long de l’entrevue, Fragneau clame que ce n’est pas leur faute si les prix augmentent. « Beaucoup de nos clients nous ont posé la question » , dit-il, en jugeant que la hausse des prix est seulement due aux variations de l’offre et de la demande. A partir de là, il se pose en sauveur, puisque « investir dans les matières premières agricoles n’est pas uniquement spéculatif » si « vous privilégiez l’investissement à long terme » ; semblant appeler à lui confier votre argent pour qu’il résolve la crise alimentaire...

Mais à l’heure où nos agriculteurs comptabilisent leurs hectares desséchés et envoient leur troupeau à l’abattage faute de pouvoir les nourrir, Amundi Funds Global Agriculture (géré depuis le paradis fiscal luxembourgeois) et ses 256 millions d’euros d’actifs, affichent une performance financière de 38,73%... Dans le même temps, les trackers/ETF(des paris virtuels mais affectant les prix mondiaux) d’Amundi, concentrés sur le blé, le maïs et le soja, affichent une performance de 71,39%...

Certes Amundi n’est pas le seul fonds français à spéculer sur la bouffe, mais il appartient à 75% au Crédit « Agricole »... Demandez à un agriculteur ce qu’il pense de cette banque et il vous dira : « Agricole ? Il n’en ont plus que le nom ! Crédit ? Ben y’en a plus pour nous ! »

Avec la sécheresse et les inondations qui frappent les productions céréalières en Europe, en Chine et en Amérique du Nord, les spéculateurs auront du grain à moudre pendant que le prix des denrées continueront de devenir trop cher pour des centaines de millions de personnes, y compris ici.

Il faut donc urgemment entreprendre le démantèlement des géants bancaires pour leur interdire de telles opérations, réorienter les financements vers la production et les grands projets d’infrastructure, et rétablir des stocks nationaux et régionaux permettant de casser la spéculation et d’éviter les pénuries.