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L’Italie reprendra-elle le chemin d’une renaissance de l’économie physique ?

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S&P—Le bras de fer entre Rome et Bruxelles se poursuit. Et malgré la volonté manifeste des institutions européennes de casser l’Italie, et de la mettre à genoux comme elles l’avaient fait en 2015 avec la Grèce, le gouvernement de la coalition Lega-M5S garde le cap sur son programme visant à en finir avec l’austérité budgétaire et à renouer avec une politique d’investissements publics dans l’économie réelle.

Dans une lettre datée du 5 décembre et récemment rendue publique, la BCE a ordonné à la Monte dei Paschi (MPS), la banque de Sienne, d’augmenter sa réserve spéciale pour pertes sur créances afin de couvrir 100 % des prêts non performants en sept ans, ce qui revient à demander à MPS de mettre une étiquette « valeur zéro » sur ses prêts. En réaction, les valeurs des actions des banques italiennes se sont effondrées le 14 janvier à la bourse de Milan, la MPS chutant de 10 %.

Il s’agit d’un « deux poids deux mesures » éhonté car, tandis qu’elle s’attaque aux banques commerciales italiennes, la banque centrale permet aux banques d’investissement de garder leurs actifs toxiques, comme les produits dérivés de niveau 3, ultra toxiques, que détient la Deutsche Bank à hauteur de 23 milliards d’euros (!).

Pour les Italiens, il est clair qu’en agissant ainsi, la BCE cherche délibérément à déstabiliser le système bancaire italien, avec un double objectif : détruire les banques commerciales et les absorber dans la soi-disant Union des marchés de capitaux, tout en plongeant le gouvernement « populiste » de Rome dans une crise.

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a immédiatement accusé la BCE de vouloir détruire le système bancaire italien, soulignant que cela risquait de coûter 15 milliards d’euros à l’Italie. Cette action montre que l’institution de Francfort « fait un usage politique de ses pouvoirs », a-t-il déclaré, et que, bien loin de protéger la stabilité du système bancaire, l’Union bancaire ne fait que le déstabiliser.
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