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Pourquoi Trump a pris la bonne décision en Syrie

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S&P—Non, le retrait des troupes américaines de Syrie, ordonné le 6 octobre par Donald Trump pour répondre à sa promesse, n’a pas semé le chaos, contrairement à ce qu’on prétend dans les médias. Sous l’impulsion de la Russie, un accord arrangeant pour chacune des parties pourrait en effet bientôt être conclu, et la Syrie pourrait même devenir un modèle d’entente et de coopération.

Il en coule des larmes de crocodile pour les « gentils » Kurdes, « trahis » et menacés de « génocide » par la Turquie. Si nous en déplorons nous-mêmes les souffrances, nous ne désignons pas les mêmes coupables. Car c’est bien ceux qui ont bâti leur image, leur carrière et leur fortune sur la base des guerres de « changement de régime » menées par les administrations Bush/Cheney et Obama, qui sont responsables en premier ressort du désordre actuel. Et ce qu’ils pleurent surtout, c’est le succès de la stratégie russe – lancée en 2015 via son engagement en Syrie.

Mercredi 16 octobre, les deux tiers des Républicains ont voté avec la majorité démocrate une motion (non contraignante) condamnant la décision de Trump de laisser la Turquie franchir la frontière syrienne, « qui a profité aux adversaires des États-Unis ». La députée républicaine du Wyoming Lyz Cheney, fille du tristement célèbre ancien vice-président Dick Cheney, a quant à elle déploré ne pas comprendre « pourquoi Donald Trump laisse les alliés de l’Amérique se faire massacrer et permet le retour de l’État islamique ». Plus révélateur de leurs réelles intentions, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell a dénoncé « une grave erreur » qui va permettre – oh horreur ! – au « régime brutal Assad » d’étendre son influence sur la Syrie, et à la Russie d’y renforcer sa présence.

La résistance à la volonté de Trump de sortir les États-Unis des « guerres sans fin » provient même de l’intérieur de l’administration ; en effet, le secrétaire à la Défense Mark Esper a annoncé lundi que les troupes retirées de Syrie vont être redéployées en Irak – ce qui, hormis le fait que le gouvernement irakien ne les a pas invitées, est contraire au souhait de Trump, exprimé à maintes reprises, de « ramener les soldats à la maison ».

Dans le même temps, un « quarteron de généraux à la retraite », composé d’officiers ayant obtenu leurs galons dans les guerres engagées depuis le 11 septembre 2001, a lancé une attaque coordonnée contre la décision de Trump. L’amiral William McRaven, l’ancien chef du Commandement des opérations spéciales qui a pris la tête de ce groupe, a écrit une tribune le 17 octobre dans le New York Times dans laquelle il en appelle à remplacer le président Trump en raison de son incapacité à comprendre « les vertus qui ont soutenu cette nation au cours des 243 dernières années ».

Toutefois, cette hystérie apparaît de plus en plus en décalage avec l’opinion publique, qui ne semble pas se faire piéger par le chantage émotionnel sur les Kurdes. De récents sondages, réalisés depuis la décision de Trump, montrent en effet qu’un bloc solide de 40 % des électeurs républicains soutient l’idée d’un retrait des troupes, et que 80 % d’entre eux continuent de le soutenir. ...suite