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Avec son Conseil de prévention des atrocités, Obama ouvre la voie à des nouvelles guerres humanitaires

3 mai 2012

(Nouvelle Solidarité) — Avec la création de l’Atrocities Prevention Board (APB — Conseil de prévention des atrocités) Barack Obama a décrété que les violations des droits de l’homme, où que ce soit dans le monde et tels que son Administration les conçoit, portent directement atteinte… à la sécurité nationale des Etats-Unis !

En toute logique, il faut donc s’attendre à que la puissance militaire américaine sera déployée au plus vite aux quatre coins de la planète par son commendant-en-chef– et ce en violation flagrante du droit international. Décidément, Obama ne maîtrise plus son complexe de Néron.

Le 23 avril, lors de son allocution au Musée de l’Holocauste à Washington, Obama a précisé sa nouvelle politique :

•La convocation le jour même de la première réunion du « Conseil de prévention des atrocités » (APB), nouvellement créé en vue de justifier de nouvelles aventures militaires. Le Comité est dirigé par Samantha Power, une inconditionnelle de la doctrine R2P (Responsabilité de protéger), promue notamment par Tony Blair et George Soros, et du bombardement « humanitaire » de la Libye. Samantha Power a d’ailleurs profité des largesses de Soros pendant des années.
•L’ordre donné aux 16 agences de renseignement américain de préparer une étude (National Intelligence Estimate) sur les risques d’atrocités de masse nécessitant une intervention des Etats-Unis. Selon certaines sources, pas moins de 80 pays figurent sur la liste noire potentielle dressée par le Conseil national de sécurité, qui fait partie de l’APB. En haut de la liste se trouve, outre la Syrie et l’Iran, le Soudan.
•La signature d’un ordre exécutif prévoyant de nouvelles sanctions contre les entreprises fournissant à l’Iran et à la Syrie de la technologie Internet, y compris le gel de leurs avoirs financiers. Ce décret exécutif du 23 avril affirme clairement : « Je, Barack Obama... détermine par la présente que l’accomplissement de graves abus de droits humains contre les peuple d’Iran et de Syrie par leurs gouvernements, facilité par la perturbation des réseaux informatiques et sociaux, la surveillance et le suivi par ces gouvernements et avec l’aide de sociétés en Iran et en Syrie pour une utilisation malveillante de la technologie à ces fins, menace la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis  » (souligné par nous).

A noter que la décision d’Obama intervient précisément au moment où les négociations P5+1 avec l’Iran avancent, et alors que la Russie, Kofi Annan et d’autres s’efforcent de faire appliquer le cessez-le-feu en Syrie.

La création de l’APB a provoqué des protestations aux Etats-Unis du fait qu’elle ouvre la porte à des guerres préventives illimitées sous prétexte d’intervention humanitaire. Le renversement du régime de Kadhafi a été cité par le président Obama comme un précédent du type d’interventions que le comité pourrait recommander, tout comme la chasse aux rebelles en Ouganda et une intervention dans le Sud-Soudan.

Comme le note le constitutionnaliste Bruce Fein, la doctrine interventionniste d’Obama permettrait de justifier des « guerres présidentielles sans fin et n’importe où. (...) Faute d’être répudiée par la direction politique des Etats-Unis, cette doctrine restera là comme une arme chargée, prête à être invoquée par un futur Caligula auto-déifié pour justifier la loi martiale. »

La question sous-jacente est très simple : comment définir ce qui est une « atrocité » ? Il n’existe pas de définition de ce terme en droit international. Ce qui inquiète, c’est qu’il s’agit plutôt d’une simple appréciation émise par le président lui-même. On sait depuis longtemps que la notion de « droits de l’homme » est très flexible. N’a-t-on pas vu à plusieurs reprises ces dernières années comment un régime considéré comme un « allié sûr » a été soudainement accusé, pratiquement du jour au lendemain, «  de soutenir les terroristes  » ou de « violer les droits de l’homme  », selon la priorité géopolitique du moment.

Entre-temps, on évite de parler des régimes de Riyad et du Qatar. Par la même logique, on peut se demander à quel point la Maison Blanche décidera de mettre la Russie et la Chine sur sa liste.

Voilà un problème que bien des Européens refusent obstinément de reconnaître. Pourtant, l’édition dominicale du New York Times (29 avril) vient d’y consacrer un long article sous le titre « Le guerrier-en-chef ». Le quotidien note que le président à qui on a décerné le prix Nobel de la Paix « s’est avéré l’un des dirigeants américains les plus agressifs sur le plan militaire depuis des décennies  ».