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CRC - Elections grecques : les artisans de l’austérité sévèrement rabroués
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News / Brèves

Elections grecques : les artisans de l’austérité sévèrement rabroués

8 mai 2012

Les deux principaux partis responsables de l’adoption des programmes d’austérité au cours des deux dernières années ont été sévèrement secoués par un vent de colère du peuple grec lors de l’élection législative du 6 mai.

Le PASOK (Mouvement socialiste panhellénique) et le ND (Démocratie Nouvelle), qui avaient reçu 77,4% des votes en 2009 n’ont récolté qu’un maigre 32,1% dimanche dernier, incapables, même à deux, de former une coalition pour gouverner le pays.

En terme de sièges le PASOK, qui en avait gagné 160 en 2009, incluant le bonus de 50 sièges alloué au parti obtenant le plus de votes, se retrouve désormais au troisième rang avec seulement 41 sièges, derrière Démocratie Nouvelle (108 sièges) et SYRIZA, la Coalition de la gauche radicale (52 sièges). Ainsi, Démocratie Nouvelle qui a gagné le plus grand nombre de votes malgré une sévère baisse par rapport à 2009 (passant de 33,5% à 14,6%), devient malgré tout le premier parti au Parlement grâce au fameux bonus des 50 sièges.

Les partis anti-austérité ont clairement été ceux qui ont été privilégiés par les Grecs. Les deux plus grands gagnants sont le SYRIZA, qui est passé de 13 à 52 sièges et devient le deuxième plus grand parti au Parlement, et les Grecs indépendants, souvent des transfuges du PASOK en raison de leur opposition aux mesures d’austérité, qui sont passés de 0 députés en 2009 à 33. Les Communistes ont pour leur part gagné 5 sièges supplémentaires pour un total de 26 et la Gauche démocrate, un nouveau parti, obtient 19 sièges. Le parti d’extrême droite Aube dorée, qui a également fait campagne contre l’austérité, obtient 21 sièges (7% des voix) et entre pour la première fois au Parlement.

Alexis Tisipras, le chef de SYRIZA, a non seulement fait campagne contre l’austérité mais a également soulevé de manière explicite la nécessité d’un New Deal à la Roosevelt pour sortir le pays de la crise.

Dans un discours récent il avait déclaré : « Depuis deux ans ils ont pris des décisions sans nous consulter. Le peuple grec ne leur avait pas donné le mandat de prendre ces décisions. Dans le berceau de la démocratie, il n’y a pas de démocratie. Le temps est venu de ramener la démocratie à l’endroit où elle est née. »

Sur la politique économique à suivre, il a ajouté : « Si les politiques d’austérité continuent, l’Europe est menacée de rupture. Ces politiques provoquent le malheur, le chômage et la pauvreté, comme au cours des années 30. L’Europe a besoin d’une solidarité sociale et non pas de se soumettre aux lois du marché.  » Il a également déclaré que la Grèce avait été transformée en « protectorat  », privée de toute parole dans le gestion de ses propres affaires. « Nous voulons que l’accord sur le prêt soit annulé », a-t-il insisté, qualifiant les conditions qui y sont rattachées d’« inhumaines » et a conclu en disant que « l’Europe a définitivement besoin d’un New Deal ».

Ces résultats font écho ailleurs en Europe à la victoire de François Hollande en France (qui a fait campagne sur la nécessité de renégocier le dernier Traité européen sur l’austérité), contre le chouchou de la finance qu’était Nicolas Sarkozy. La défaite subie, toujours le 6 mai, par le parti d’Angela Merkel dans l’élection régionale du Land de Schleswig-Holstein en Allemagne va bien évidemment dans la même direction.