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News / Brèves

China Daily : pour Helga Zepp-LaRouche, la Nouvelle Route de la soie est l’aboutissement du combat de sa vie

20 août 2017

Dans un article de premier ordre publié 18 août dernier, le correspondant à Washington du China Daily Chen Weihu retrace le cheminement intellectuel et politique de la présidente internationale de l’Institut Schiller Helga Zepp-LaRouche : un combat de toute une vie en faveur des Nouvelles Routes de la soie, devenues la politique officielle de Beijing depuis 2013.

Elle s’identifie à la Chine

Par Chen Weihua,
China Daily, Washington, 18 août 2017

Helga Zepp-LaRouche considère l’initiative « Une ceinture Une route » [Politique chinoise des Nouvelles Routes de la soie] comme l’accomplissement du combat de sa vie et de celui de son époux, le militant politique américain Lyndon LaRouche.

Helga Zepp-LaRouche avait 23 ans en 1971 lorsqu’elle embarque dans un navire de transport suédois pour faire le tour du monde. Le voyage l’amène alors vers plusieurs pays africains et chinois et comprend un séjour de plusieurs mois en Chine.

La jeune allemande venait d’obtenir son diplôme de journaliste. « Ma génération cultivait encore une grande curiosité pour le monde. La jeunesse d’aujourd’hui se contente très souvent des moteurs de recherche sur internet. Moi, je voulais voir de quoi le monde avait l’air », confie-t-elle à China Daily.

A l’époque, la Chine était en pleine « révolution culturelle » (1966-1976). Et lorsque son navire est obligé de faire escale à Shanghai pour réparations, Helga profite de l’occasion pour observer et s’entretenir avec les gens de la région.

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En haut : Helga Zepp-LaRouche lors de l’entretien avec China Daily. En bas à gauche : à Beijing lors du Forum Une ceinture, une route ; à droite, lors de sa visite en 1971. Crédit : China Daily.

A l’embouchure du fleuve Yangzi, elle voit des bâtiments de guerre peints en gris. Elle s’inscrit pour une visite guidée, rencontre des résidents à leur domicile, visite des usines et une maison de jeunes. Elle entend également une représentation de l’Opéra de Beijing résonner dans les haut-parleurs.

Lorsqu’elle rencontre des Chinois germanophones, elle les interroge sur la vie politique et s’informe de la vie en Chine à cette époque. Elle trouve les gens « aimables » mais estime qu’ils « ne sont pas du tout heureux ».

Helga se rend également à Qingdao, ville balnéaire de la province de Shandong ayant bénéficié d’une importante influence allemande, puis à Tianjin et Beijing.

Dans la capitale elle visite des endroits tels que le Palais d’été. A un moment elle envisage même d’apprendre le chinois mais se rend vite compte à quel point cela sera laborieux. « Il faut rester sur place, sinon on oublie. En tout cas, tout cela a fait naître en moi un intérêt particulier pour la Chine », dit-elle.

Elle qui se rend aujourd’hui régulièrement en Chine, mesure la chance qu’elle a eu de voir ce pays à cette époque.

Cela vous change la vie

Au sujet de son périple maritime de 1971, Helga raconte le choc qu’elle ressentit en découvrant l’extrême pauvreté en Afrique. « Voir l’Afrique à ce point au fond du fond » fut une « expérience tellement traumatisante que je revenais de ce voyage avec la ferme conviction que le monde devait changer ».

De retour en Allemagne, Helga cherche une théorie capable d’apporter une solution au problème qui la taraude. Elle fait alors connaissance avec Lyndon LaRouche, un militant politique américain connu pour avoir lancé le mouvement LaRouche.

Ce mouvement, qui comprend plusieurs organisations et entités de par le monde, promeut la renaissance de l’art classique et un engagement plus fort pour la découverte scientifique. Il plaide pour des grands travaux d’infrastructure à l’échelle planétaire et appelle à une réforme du système financier pour stimuler l’investissement dans l’économie physique et tarir la spéculation.

Helga constate alors que Lyndon est le seul à parler du besoin de développement et d’industrialisation de l’Afrique et des pays du tiers-monde, ainsi que de la création d’une banque internationale pour le développement (IDB), une institution semblable à la Banque asiatique pour l’investissement dans l’infrastructure (BAII) d’aujourd’hui.

« J’ai alors rejoint ce mouvement  » précise-t-elle. Le 29 décembre 1977, les deux se marient à Wiesbaden, une ville au cœur d’Allemagne de l’ouest.

Helga affirme qu’elle n’a pas suivi la théorie tiers-mondiste du dirigeant chinois de l’époque Mao Zedong mais s’est plutôt concentrée sur le mouvement des « non-alignés » dont le siège était en Indonésie.

Elle a rencontré quelques dirigeants tels que le Premier ministre Indira Gandhi et le président mexicain José Lopez Portillo. Helga souligne qu’ils promouvaient dès le début des années 1990 le développement d’un « pont terrestre eurasiatique » basé sur les infrastructures mais que ce dernier n’a pas reçu de réponse favorable de la part des Etats-Unis. « Le seul gouvernement ayant répondu positivement a été la Chine », précise-t-elle.

En 1996, elle retourne pour la première fois en Chine pour y prendre la parole et assister à une conférence sur le développement eurasiatique. Elle découvre alors une Chine totalement différente de celle qu’elle avait connue 25 ans auparavant. Les centaines de milliers de vélos qui remplissaient les rues avaient été remplacés par des voitures.

Cependant, si l’on compare 1996 avec aujourd’hui, le développement de la Chine est encore plus spectaculaire. « Le modèle économique chinois est celui ayant le plus de réussite », affirme-t-elle en ajoutant que la Chine a sorti des millions d’individus de l’extrême pauvreté ces dernières décennies.

Depuis lors, elle se rend fréquemment en Chine, y parle aux colloques des think-tanks, y compris à l’Institut chinois des relations internationales contemporains (CICIR) et à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS).

Lors d’un déplacement en 2014 pour explorer l’ancienne Route de la soie dans le nord-ouest de la province de Gansu, Helga est émerveillée de voir la réalisation du tronçon ferroviaire Lanzhou-Urümqi lancé en même temps et à toute vitesse à partir de plusieurs endroits en plein désert. La ligne, longue de 1776 km, va être ouverte avant la fin de cette même année.

L’initiative Une ceinture, une route

En 2013, Helga s’enthousiasme lorsque le Président Xi Jinping révèle le lancement de l’initiative Une ceinture, une route (BRI). Le BRI, à l’époque connu sous le nom de Ceinture économique de la Route de la soie et Route de la soie maritime du XXIe siècle, est une stratégie de développement proposée par Xi pour mettre l’accent sur la connectivité et la coopération entre les pays.

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Pour commander ces rapports (disponibles en anglais, chinois, arabe et allemand) : cliquez ICI Crédit : Institut Schiller

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Nouvelle Solidarité N°2/2017 - s’abonner.

Elle ne cesse d’en parler depuis. L’Institut Schiller qu’elle a fondé en 1984 a également consacré un grand nombre de publications sur le sujet.

En mai 2017, Helga se rend à Beijing pour participer au Forum de la Ceinture et de la Route pour la coopération internationale, une rencontre qui a été honorée par la participation de 29 chefs d’Etat et des représentants de plus de 100 pays. « J’étais vraiment heureuse d’y participer tant on s’est battus longtemps pour cela. Je m’identifie en quelque sorte à la réussite de ce projet », nous confie-t-elle.

Helga a parlé à de nombreux participants africains et sud-américains présents à la réunion et estime qu’ils partagent le même sentiment : « Nous sommes fiers de participer au moment historique que représente la naissance d’un nouveau paradigme pour l’humanité. C’était un sentiment très fort », rapporte-t-elle.

Elle se dit extrêmement impressionnée par l’allocution de Xi, discours qu’elle qualifie de « très riche », reflétant des idées d’harmonie dignes d’un philosophe confucéen.

L’Institut Schiller a également organisé des conférences dans plusieurs villes américaines, de San Francisco à Detroit en passant par New York, pour promouvoir le BRI et appeler les Etats-Unis à y participer.

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A l’opposé de l’administration Obama, qui était plus réticente quant aux initiatives chinoises de la BAII et du BRI, le président américain Donald Trump a inscrit à l’ordre du jour et comme une priorité la reconstruction des infrastructures. Il a également envoyé au Forum de Beijing une délégation « inter-agence » sous la direction de Matthew Pottinger, responsable senior pour l’Asie de l’Est au Conseil national de sécurité.

Helga est convaincue que les apports capitalistiques chinois pourront contribuer à la construction d’infrastructures américaines.

Selon ses calculs, les Etats-Unis auront besoin de 40 000 miles (64 373,76 km) de voies de chemin de fer rapides s’ils souhaitent se hisser au même niveau que la Chine, en reliant toutes les grandes villes américaines entre elles avec des liaisons rapides d’ici 2020.

« L’économie américaine connaîtrait un boom fantastique grâce à un tel investissement dans le développement infrastructurel à grande échelle. En retour, elle pourrait exporter sur le marché chinois en forte croissance. Une fois la compétition substituée par la coopération, les occasions pour nouer des partenariats entre les Etats-Unis et la Chine dans des pays tiers serait énorme », affirmait-elle en mai lors d’un séminaire à Beijing.

Helga a exprimé à plusieurs occasions son respect pour Xi lorsqu’il appelle à « une communauté de destin », un avenir commun et partagé pour l’humanité.

Lors d’un séminaire en juillet, elle souligne que le sujet de la BRI n’est pas juste de l’infrastructure et de la croissance économique, mais un paradigme nouveau qui tire un trait sur la géopolitique.

Le développement de l’Afrique

Helga est également heureuse de constater l’investissement croissant de la Chine en Afrique.

« Si vous regardiez l’Afrique sans l’investissement chinois, l’espoir serait absent. Aujourd’hui, l’espérance y prospère » déclare-t-elle en évoquant la construction, par deux groupes chinois, d’une ligne ferroviaire électrifiée de 752 km reliant la capitale éthiopienne Addis-Abeba au port de Djibouti, constituant la véritable artère économique du pays.

Fin mai, le Kenya a également inauguré son plus grand projet infrastructurel depuis 50 ans : un chemin de fer reliant la capitale Nairobi au port de Mombasa, un projet de 3,2 milliards de dollars, lui aussi financé par la Chine.

Helga s’enthousiasme à l’idée que la Chine aidera l’extension de ces voies de communication vers le Rwanda, l’Ouganda et le Congo, afin de pénétrer « pour la première fois », au cœur de l’Afrique.

« Je me suis entretenue avec plusieurs diplomates africains qui m’assurent que pour la première fois ils peuvent entrevoir la fin de la pauvreté et des obstacles au développement, et cela, grâce à l’aide chinoise », affirme-t-elle.

Elle est déçue que les Européens parlent des droits de l’homme et de la démocratie mais ne disent rien sur le développement de l’Afrique, soulignant que ce sont les Chinois qui font le travail sur le terrain.

Un rapport publié en mai par le cabinet Ernst & Young affirme que la Chine a investi dans 293 projets. Il s’agit d’investissements étrangers directs (FDI) pour un montant total de 66,4 milliards de dollars, avec la création de 130 750 emplois. Le commerce bilatéral entre la Chine et l’Afrique a également dépassé les 137 milliards de dollars en 2016.

Selon le même rapport, à part le commerce et le FDI, des entreprises chinoises et des entités dans le giron de l’Etat chinois ont financé et construit de nombreux projets d’infrastructures sur tout le continent, y compris des ports, des routes, des chemins de fer, des barrages, des réseaux de télécoms, des centrales électriques et des aéroports. Le rapport affirme également que la BRI pourrait représenter une situation gagnant/gagnant pour la Chine et l’Afrique.

En citant le consul d’Ethiopie, Helga écarte d’un revers de main l’a priori négatif de certains occidentaux envers les motivations chinoises en Afrique. Interrogé lors d’un colloque en Allemagne sur d’éventuelles visées inavouées chinoises dans son pays, il avait répondu : « Non, car l’Ethiopie ne dispose quasiment pas de matières premières ».

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Helga Zepp et Lyndon LaRouche. Crédit : Institut Schiller

Helga dit que ce que la Chine fait aujourd’hui donne un sens à ce qu’elle-même et ses collègues ont défendu et fait ces derniers quarante ans.

« On est comblé. C’est une chose pour une petite organisation comme la nôtre de produire des idées, c’en est une autre lorsque le plus grand pays du monde commence à les mettre en pratique », lâche-t-elle.

Helga dit regretter que son mari n’ait jamais encore pu se rendre en Chine. « Il aurait tellement aimé. Aujourd’hui, il est âgé de 94 ans, donc ce sera difficile, mais pas impossible ». « Il adore la Chine. Il est convaincu que l’initiative chinoise (BRI) constitue à l’heure actuelle l’évènement le plus important sur la planète », conclut-elle.