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News / Brèves

Xi, Trump et Poutine au Sommet de l’APEC : faire tomber les barrières

14 novembre 2017

S&P—Le 25e sommet de l’APEC (coopération économique pour l’Asie-Pacifique), qui s’est tenu à Danang au Vietnam du 10 au 12 novembre, s’est fait le théâtre d’un dialogue très riche entre les dirigeants présents – et en particulier chinois, américains et russes –, où s’est manifestée une volonté de poser les bases de nouvelles relations tournées vers l’avenir, en dépit du tir groupé des médias transatlantiques, qui ont mis tout leur zèle pour empoisonner, déformer ou nier la possibilité que les trois grandes puissances puissent se parler, s’accorder et coopérer. Même le journal L’Humanité, qui devrait pourtant avoir un certain recul vis-à-vis de la propagande atlantiste anti-russe et anti-chinoise, titre « Duel au sommet de l’APEC entre Pékin et Washington », et écrit que « l’entente cordiale entre la Chine et les Etats-Unis aura duré deux jours ». Et oh, les gars, changez de lunettes, nous ne sommes plus dans les années 1970, le monde change !

Le fait que Xi Jinping ait été invité à prononcer le discours d’ouverture du sommet est déjà en soi un pied de nez à tous ceux qui alimentaient les tensions entre le Vietnam et la Chine. Xi a renouvelé à cette occasion son appel à bâtir « une communauté pour un futur partagé de l’humanité », rappelant les mots d’un philosophe chinois : « concentre ton esprit sur le futur, pas le passé  ». Ce futur est selon le président chinois à portée de main, grâce à l’Initiative une ceinture, une route (BRI) qui constitue une véritable plate-forme de coopération entre tous les pays qui veulent y participer, afin de développer les infrastructures et la connectivité à travers les territoires.

La Chine est bien sûr un énorme moteur dans cette initiative, avec ses 7,2 % de croissance dans les quatre dernières années, et sa contribution à 30 % de la croissance mondiale. De plus, le récent congrès du Parti communiste chinois, qui a reconduit en octobre Xi Jinping à la tête du parti, va apporter un nouvel élan à cette croissance, par une focalisation accrue sur l’innovation, et aussi grâce au plan d’éradication de la pauvreté extrême en Chine d’ici à 2020, plan qui génère chaque année 13 millions de nouveaux emplois urbains. « La Chine est embarquée dans un nouveau voyage, qui implique une plus grande intégration au monde », a affirmé Xi. « Nous allons travailler avec d’autres pays afin de créer de nouveaux vecteurs de développement mutuel à travers la BRI. (…) Notre ambition est de bâtir une paix durable, une sécurité universelle et une prospérité mutuelle. Nous souhaitons l’harmonie entre toutes les nations, sur la base de relations gagnant-gagnant. Nous allons rendre l’ordre international plus juste et plus équitable », a-t-il conclu.

Rencontres Trump-Poutine

Malgré le fait que la rencontre formelle n’ait pas pu avoir lieu entre les deux dirigeants, Trump et Poutine ont réussi à se parler plusieurs fois, brièvement mais de façon productive, parvenant même à une déclaration commune sur la Syrie. Cette déclaration réitère qu’aucune solution militaire ne peut exister, et appelle tous les pays concernés à prendre part à l’aide humanitaire auprès de la population syrienne. « Les deux présidents sont d’accords pour maintenir les canaux de communication entre les militaires professionnels afin d’assurer la sécurité des forces américaines et russes, ainsi que la ’déconfliction’ des forces partenaires engagées dans les combats contre Daesh. Ils confirment que leurs efforts seront poursuivis jusqu’à la défaite totale de Daesh ».

Lors de sa conférence de presse, Poutine a affirmé que les relations sino-russes étaient excellentes, dans les domaines de l’énergie, de l’espace – y compris l’espace lointain –, de l’aéronautique, etc., et qu’ils travaillaient actuellement à l’intégration de l’Union économique eurasiatique avec la Nouvelle Route de la soie. Le président russe a loué par ailleurs Trump pour « son professionnalisme et sa camaraderie », disant qu’ils avaient ensemble un dialogue positif, malgré le manque de temps. Il a déploré que les relations économiques entre la Russie et les États-Unis ne représentent que « 20 milliards de dollars, autant dire rien ».

« Nos équipes devraient organiser une rencontre. C’est une personne très compétente, et il est agréable de communiquer avec lui », a-t-il affirmé. « (…) Bien que nos relations soient toujours dans un état de crise, Moscou est prêt à tourner la page et à aller de l’avant, vers l’avenir, et à résoudre les problèmes importants qui concernent les peuples des États-Unis et de Russie ».

Les barrières artificielles

De son côté, dans un face à face épique avec une presse obsédée par la prétendue « ingérence » russe dans les élections américaines, Trump a reporté l’attention sur les Démocrates et sur les incohérences du Russiagate : « Regardez ce qui s’est passé autour de Podesta [l’ancien directeur de campagne d’Hillary Clinton] ; regardez ce qui s’est passé avec les serveurs du DNC [Comité national du Parti démocrate], et demandez-vous pourquoi le FBI n’a rien fait ; pourquoi une société tierce a enquêté sur les serveurs, et pas le FBI  ? »

Le président américain a regretté que toute cette affaire constitue « une barrière artificielle » entre la Russie et les États-Unis, les empêchant de faire face ensemble aux questions sensibles, comme la Corée du Nord. « Le président Poutine serait d’une aide précieuse – une aide précieuse – si la Russie et la Chine pouvaient nous aider vis-à-vis de la Corée du Nord, et je crois que nous pourrions résoudre le problème, » a déclaré Trump. « Mais cette barrière artificielle se dresse sur le chemin. C’est ce que j’appelle ’la barrière artificielle démocrate’. (…) C’est une barrière factice. Il n’y a pas eu de collusion. Tout le monde sait qu’il n’y a pas eu de collusion. (…) Et je pense qu’il est déplorable que quelque chose de cette nature puisse détruire une relation potentiellement essentielle entre nos deux pays ».

Plus tard, Trump a écrit un tweet, demandant : « quand les haineux et les fous réaliseront-ils qu’avoir une bonne relation avec la Russie est une bonne chose, et non pas une mauvaise ? Ils persistent dans leurs jeux politiciens, et c’est mauvais pour notre pays. Je souhaite pouvoir résoudre les problèmes de la Corée du Nord, de la Syrie, de l’Ukraine et du terrorisme, et la Russie peut apporter une grande aide  ! »