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Un conseiller d’Obama estime qu’il faut réduire au silence les théoriciens de la conspiration

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8 mai 2012

(Nouvelle Solidarité) – Le professeur Cass Sunstein et sa femme Samantha Power font partie des conseillers du président américain Barack Obama et ses plus proches confidents.

Après avoir été congédiée de sa campagne en 2008 pour avoir qualifié Hillary Clinton de « monstre », Samantha Power a été introduite dans la Maison Blanche pour devenir l’une des premières responsables de la guerre en Libye et l’assassinat de Mouammar Kadhafi l’année dernière.

Ayant ainsi démontré ses capacités en matière d’atrocités, elle a été mise en charge le 23 avril du nouveau Conseil pour la prévention des atrocités d’Obama, afin de justifier le déclenchement de nouvelles guerres selon les caprices présidentiels.

Quant à son mari, Cass Sunstein, il a été mentor d’Obama en tant que professeur de droit à Harvard et à Chicago. Un article publié en 2008, intitulé « Théories de la conspiration  » confirme que Sunstein joue un rôle central dans les efforts de l’administration Obama pour réduire au silence la critique.

Derrière la prétention de redonner au gouvernement américain sa crédibilité virginale, sans pour autant le ramener à sa mission d’origine qui est la défense des intérêts de la population, Sunstein propose de cibler ceux qui prônent les « théories de la conspiration  », définies comme «  toute tentative d’expliquer un événement où une pratique en se référant aux machinations de personnes puissantes, qui ont également réussi à dissimuler leur rôle  ».

Glenn Greenwald, l’un des principaux journalistes indépendants et défenseurs des droits civiques et constitutionnels aux Etats-Unis, a résumé le long article de Sunstein en 2010 en dénonçant «  la proposition pernicieuse d’employer des équipes d’agents secrets et d’activistes pseudo-indépendants pour ’infiltrer de manière cognitive’ des sites internet et des groupes d’activistes prônant ce que Sunstein estime être ’de fausses théories de la conspiration’ concernant le gouvernement. Ceci viserait à accroître la confiance des citoyens dans les responsables de leur gouvernement et miner la crédibilité des conspirationnistes.  »

Pris d’un mélange d’horreur et d’amusement Greenwald cite alors un paragraphe haut en couleur, montrant jusqu’où la Maison-Blanche est prête à aller pour reconquérir le cœurs de américains :

« Que peut faire le gouvernement à propos des théories de la conspiration ? Parmi les choses qu’il peut faire, qu’est-ce qu’il devrait faire ? Nous pouvons dès à présent imaginer une série de réponses possibles. (1) Le gouvernement peut bannir le complotisme [sic ! conspiracy theorizing en anglais, ndt]. (2) Le gouvernement peut imposer un genre de taxe, financière ou autre, à ceux qui cherchent à disséminer de telles théories. (3) Le gouvernement peut s’engager lui-même dans un discours contradictoire, rassemblant les arguments pour discréditer les théories de la conspiration. (4) Le gouvernement peut engager officiellement des groupes privés pour s’engager dans un discours contradictoire. (5) Le gouvernement peut s’engager dans une communication informelle avec de tels groupes, pour les encourager à l’aider. Chaque instrument a un ensemble distinct d’effets potentiels, ou de coûts et de bénéfices, et chacun aura son utilité dans des conditions imaginables. Cependant, notre principale idée est que le gouvernement devrait s’engager à l’infiltration cognitive des groupes produisant des théories de la conspiration, ce qui implique un mixe des points (3), (4) et (5). »

Greenwald souligne que « Sunstein n’appelle pas pour l’instant au recours aux points (1) et (2) – faire en sorte que le gouvernement bannisse le complotisme ou impose une taxe à ceux qui le font – mais dit que chaque point aura son utilité dans des conditions imaginables  ».

Même s’il admet qu’il aimerait volontiers connaître quelles sont les conditions sous lesquelles le gouvernement pourrait passer à l’action sur les deux premiers points, Greenwald rappelle qu’il serait nécessaire dans ce cas d’abroger le Premier amendement de la Constitution américaine, qui est, entre autre, le droit de s’assembler pacifiquement et de s’exprimer en toute liberté.

Bienvenue donc chez Big Brother !