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Jacques Delpla : remercions le peuple grec pour avoir voté contre l’austérité !

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25 mai 2012

(Nouvelle Solidarité) – Dans un commentaire publié aujourd’hui dans le quotidien Les Echos, l’économiste libéral Jacques Delpla, conseiller-senior chez BNP-Paribas et membre du Conseil d’analyse économique, remercie le peuple grec pour avoir voté en faveur du parti de la gauche radicale Syriza et son projet de réorganisation ordonnée de la dette.

Delpla résume la situation ainsi : « Les pays du sud de l’euro ne peuvent pas simultanément renoncer à l’inflation généralisée pour réduire leur dette, renoncer à la dévaluation pour restaurer leur compétitivité et renoncer au défaut sur leurs dettes. L’un des pôles de cette trinité doit céder. L’inflation généralisée est impossible - interdite par le traité de l’Union européenne et la BCE. Dévaluer signifierait sortir pour toujours de l’euro (à éviter). Ne reste que le défaut, la restructuration des dettes publiques et privées. »

Or, explique-t-il, les dirigeants européens ont imposé aux pays les plus fragilisés, «  à l’exception de la Grèce », une politique d’austérité mais sans consentir à une restructuration de la dette, par peur de contagion. (Rappelons que la dette grecque a été effectivement rabaissée d’un tiers environ, mais ceci est trop peu et est arrivé surtout trop tard, car l’austérité avait déjà fait ses ravages.)

Soulignant de manière frontale l’échec fracassant de cette stratégie, « seul les dirigeants des années 1930 ont fait pire  », constate-t-il. Delpla affirme qu’il faut « remercier les électeurs grecs » qui précipitent « les choix et les prises de conscience (...) En mettant les néocommunistes du parti Syriza en position de gouverner, ils forcent l’Europe à reformer les options disponibles  ».

Syriza menace « d’un défaut sur l’ensemble de la dette publique tout en restant dans l’euro. C’est chaotique mais mais intelligent de leur part  ».

Car, poursuit Delpla, jamais « jamais la BCE ni la Commission européenne, ni l’Allemagne ne pousseraient la Grèce vers la faillite complète, au collapsus et la famine complète ».

Pour cette partie du monde bancaire, qui veut toujours sauver l’euro, Syriza représente la dernière chance d’une restructuration ordonnée de la dette : « Un moratoire de dix ans, et une restructuration sur 30 à 50 ans...  » (il ne parle pas de manière explicite d’annuler la partie illégitime), c’est-à-dire «  le seul moyen de restaurer la croissance, l’emploi et l’espoir de ces populations : restructurer le passé pour préparer l’avenir. Faire défaut sur le passé pour sauver les jeunes et leur avenir. Se délivrer de dettes qui menacent de les noyer dans un scénario noir des années 1930.  »

Cet article signale néanmoins le début d’une prise de conscience de la gravité de la situation pour une partie des élites françaises.