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Sortir de l’euro : 46 heures pour gérer la panique

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28 mai 2012

(Nouvelle Solidarité) – Pendant que les chefs d’Etat de la zone euro se rencontraient le 23 mai pour se jurer mutuellement qu’ils feraient tout le nécessaire pour garder la Grèce dans l’euro, le gouvernement britannique préparait de son côté des plans de contingence pour maîtriser le chaos économique et social que pourrait provoquer l’effondrement de la monnaie unique.

D’abord, lors d’une téléconférence du Groupe de travail européen, les experts au service des ministres de Finances des pays membres de la zone euro ont émis une série d’instructions demandant aux pays-membres de calculer les coûts qu’aurait à supporter chacun d’entre eux dans l’éventualité d’une sortie (ou d’une expulsion) de la Grèce hors de la monnaie unique.

Ensuite, le Financial Times de Londres rapportait qu’en raison de retraits d’argent (bankrun) soutenus des banques grecques et espagnoles, une fuite des capitaux hors de la zone euro elle-même s’était mise en branle, et que des gestionnaires de fonds de pensions et de fonds spéculatifs jetaient leur dévolu sur le dollar, de manière à réduire leur exposition à l’euro. «  Ceci ressemble à une vraie panique, mais ça pourrait s’empirer », confiait un gestionnaire d’AXA au FT, « à moins que les politiques n’agissent de manière décisive et massive  », signifiant par là qu’il souhaitait un renflouement global d’une ampleur telle qu’il ne ferait qu’aggraver instantanément la crise en provoquant une hyperinflation sans précédent.

Si elle devait sortir de l’euro, la Grèce n’aurait qu’une fenêtre de tir de 46 heures pour compléter l’opération, c’est-à-dire le temps écoulé entre la fermeture de la Bourse de New York le vendredi soir et la réouverture des marchés à Wellington, en Nouvelle-Zélande, le lundi matin, selon une étude de 21 économistes citée par l’agence new-yorkaise Bloomberg le 23 mai dernier.

Il est clair cependant qu’il ne s’agit pas ici uniquement de gérer la transition en Grèce, mais qu’une certaine élite aimerait bien utiliser l’effondrement de l’euro pour mettre en place des mesures totalitaires sur l’ensemble du continent. Bloomberg explique : « Sur une période de deux jours, les dirigeants auraient à calmer des mouvements de révolte dans la population, planifier une nouvelle devise, recapitaliser les banques, endiguer la fuite des capitaux, chercher à payer les dépenses une fois les lignes de renflouements extérieures suspendues. Le risque est réel que la tâche dépasse de loin les capacités de tout nouveau gouvernement...  »

La ministre britannique de l’Intérieur Theresa May reconnaissait pour sa part dans une interview au Telegraph le 23 mai que le gouvernement britannique travaille sur des plans d’urgence pour stopper l’arrivée de « milliers de migrants économiques vers le nord, depuis la Grèce ou l’Espagne  » suite à un effondrement de l’euro.