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5 juin 2012

(Nouvelle Solidarité) – Alors que Bruxelles s’apprête à dévoiler son plan (quasi mensuel) de sauvetage des banques, Solidarité et Progrès et ses amis poursuivent leur campagne pour un nouveau Glass-Steagall partout en Europe et aux Etats-Unis.

Avec près de 34 000 millions d’euros d’actifs en main selon les derniers chiffres de la BCE, sans compter leurs combines sur les produits financiers dérivés, les banques de la zone euros sont jugées trop grosses pour qu’on «  les laisse couler ». Pour continuer à les renflouer on prétend qu’il n’existe que trois solutions : austérité mortelle, planche à billets (dont les euro-obligations qui ne feront que rajouter de la dette à la dette) et abandon de certaines créances.

Alors qu’en réalité, comme nous le défendons, on peut, grâce à une nouvelle loi Glass-Steagall, isoler et protéger les fonctions utiles des banques tout en abandonnant les spéculateurs à leur sort.

Seulement, la City et Wall Street restent très puissants et tentent, par des effets d’annonce et de cavalerie financière successifs, de préserver leur statut d’oligarchie financière. Leur dernière trouvaille est le projet d’« Union bancaire européenne  ».

Ainsi le président de la BCE Mario Draghi a supplié les dirigeants européens le 30 mai d’adopter au plus vite son projet de « fonds européen centralisé de garantie des dépôts bancaires  » supposé être en mesure d’enrayer la panique et de mettre un terme aux retraits bancaires en cours dans la zone euro.

Pour défendre qu’on garantisse (en théorie) les dépôts à l’échelle européenne, le président de la BCE a même eu le toupet d’affirmer que la situation de Dexia et de Bankia montrent que les dirigeants nationaux ont toujours sous-estimé l’ampleur des crises auxquelles il étaient confrontés, comme si cela n’avait jamais été le cas des autorités européennes.

Le problème demeure que si les banques ne sont pas séparées de manière étanche en fonction de leurs activités, un tel fonds de garantie des dépôts ne pourra que servir à renflouer les spéculateurs jusqu’à ce que le système ne heurte le mur de l’hyperinflation.

A l’heure où les fuites de capitaux et les « bankrun » occupent en Europe la une de nos quotidiens sur une base... presque quotidienne, il reste très peu de temps pour légiférer sur la séparation des banques.

Après la candidature présidentielle de Jacques Cheminade, c’est au tour des 78 candidats de Solidarité et Progrès aux législatives de prendre le relais et sillonner la France toute entière. Il s’agit de mobiliser les Français, en grande majorité conscient de la gravité du problème, pour qu’ils exigent immédiatement cette solution du nouveau gouvernement.

Aux Etats-Unis, les militants du mouvement larouchiste (LPAC) ont initié depuis quelques jours une campagne nationale et massive d’appels téléphoniques aux membres et dirigeants des banques locales indépendantes (Independent Community Banking Association, ICBA), pour les informer de l’existence de la proposition de loi 1489, en attente de délibération au Congrès depuis avril 2011, même si elle a été endossée entre-temps par 64 députés. Beaucoup ont été heureux d’appendre qu’une telle proposition existe mais bien choqués d’entendre qu’elle attend depuis si longtemps l’approbation des élus en dépit du nombre impressionnant de co-signataires. D’autres ont fait part de leur incompréhension quant ils ont découvert que l’origine de l’obstruction se trouvait à la Maison-Blanche.

L’agence Bloomberg s’est par ailleurs entretenue le 1er juin avec Arthur Levitt, l’ancien dirigeant de la Securities Exchange Commission (SEC, le premier gendarme boursier des Etats-Unis), qui a insisté sur le fait que la loi Dodd-Frank ne constituait en aucun cas un remplacement pour Glass-Steagall, et qu’il fallait scinder les banques en plusieurs parties car il « n’y a tout simplement pas assez de capital pour les protéger contre le type d’événements que nous avons connus au cours des dernières semaines. »