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Etats-Unis : tout le monde veut couper les banques en 2 !

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13 juin 2012

(Nouvelle Solidarité) – Des deux côtés de l’Atlantique et au sein même de la finance, le retour à la séparation bancaire Glass-Steagall s’impose comme une évidence. Toutefois, il faut être clair sur ce dont il s’agit : ce n’est pas une réformette à l’intérieur des banques comme l’on fait Obama et Cameron ; il s’agit de couper les banques en deux pour liquider les dettes purement financières et rétablir le crédit à l’économie. C’est en ce sens que viennent de s’exprimer Thomas Hoenig, chef de l’Agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires (FDIC), et le professeur Luigi Zingales de l’Université de Chicago.

« Finie la couverture sociale pour les banques »

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Dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, Thomas Hoenig, ancien président de la Réserve fédérale de Kansas City et nouveau directeur de l’agence fédérale de garantie des dépôts bancaires (organisme créé en 1933 par la loi Glass-Steagall), prend officiellement parti pour Glass-Steagall. Sous le titre : « Finie la couverture sociale pour les banques », Hoenig détruit les arguments mis en avant par ses pairs pour défendre le statu quo et propose son propre plan publié qu’il a présenté devant le Sénat le mois dernier.

« Pourquoi je suis devenu partisan du retour à Glass-Steagall »

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Dans une tribune publiée par le Financial Times (!), Luigi Zingales écrit « Pourquoi je suis devenu partisan du retour à Glass-Steagall  ». En effet, lui qui enseigne à la prestigieuse Booth School of Business de l’Université de Chicago et qui écrit régulièrement dans les colonnes du quotidien financier italien Il Sole 24 Ore, confesse d’entrée de jeu que les évènements de ces dernières années ont fini par changer sa position : « J’ai reconsidéré mon opinion et suis devenu convaincu de la nécessité d’une séparation obligatoire  » entre banques d’affaires et de dépôt.

L’une des principales raisons de son changement, écrit-il, est que la loi Glass-Steagall établie par Franklin Roosevelt en 1933 est d’une très grande simplicité comparée à la fameuse « règle Volcker » adoptée par Obama et Wall Street ; alors que la loi Glass-Steagall compte seulement 34 pages, la règle Volcker compte « 298 pages de baratin incompréhensible requérant des bataillons de juristes pour être interprétées  ». « Plus la loi est simple, écrit-il, moins il faut de clauses et moins cela coûte cher à mettre en application. Plus c’est simple, plus les électeurs peuvent comprendre de quoi il retourne et exprimer leur avis en fonction. Finalement, plus c’est simple, plus il est difficile pour des personnes ayant des intérêts particuliers de s’en sortir en jouant sur le côté obscure de la loi. »

Zingales explique aussi que l’abrogation de Glass-Steagall a provoqué « une chute du marché des actions et l’explosion des marchés opaques de gré-à-gré ». « La taille des banques d’affaires a explosé et leur prépondérance sur les marchés s’est accrue proportionnellement. Ainsi, les nouveaux instruments financiers (comme les Credit default swaps) se sont développés sur le marché opaque du gré-à-gré contrôlé par quelques acteurs puissants plutôt que sur un marché public transparent et bien régulé.  »

Finalement, Glass-Steagall «  a permis de limiter le pouvoir politique des banques. Sous l’ancien régime, les banques de détail, les banques d’affaires et les sociétés d’assurance avaient des intérêts différents et donc leurs efforts de lobbying tendaient à s’annuler mutuellement. Mais après que les restrictions furent levées, les intérêts de tous les acteurs majeurs se sont retrouvés alignés. Ceci a conféré au secteur bancaire un pouvoir disproportionné à façonner l’agenda politique. Ce pouvoir excessif a non seulement endommagé l’économie, mais le secteur financier lui-même. Une manière de combattre cet abus de pouvoir, au moins partiellement, est de rétablir la loi Glass-Steagall. »