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Iran, Syrie : la mise en garde du général Bouchard, ancien commandant de l’OTAN

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15 août 2012

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(Nouvelle Solidarité) — Le 13 août, dans une interview avec le quotidien israélien Haaretz , Charles Bouchard, ancien général du Commandement aérien des Forces canadiennes et ex-commandant des opérations de l’OTAN en Libye, a sommé Israël de ne pas se précipiter dans des frappes militaires contre l’Iran. S’engager dans une telle attaque sans soutien international serait totalement «  illogique et irresponsable  ».

D’ailleurs, « ni l’OTAN, ni le Conseil de sécurité, n’accepteraient, dans un proche avenir, une guerre contre l’Iran » a-t-il précisé. Bouchard estime que l’armée israélienne a bien conscience qu’une telle attaque ferait plonger toute la région dans le chaos. Éliminer 100% des installations nucléaires iraniennes avec une attaque éclair est quasiment impossible et n’a rien à voir avec la stratégie qui avait permis à l’époque de gagner la guerre de six jours.

Pour Bouchard, une action unilatérale israélienne n’aurait qu’un « effet boomerang » puisqu’elle ferait naître à terme un vaste élan de solidarité dans le monde musulman qui nuirait à Israël. Les prêcheurs d’un djihad global contre l’Occident pourraient représenter une telle attaque israélienne comme une conspiration judéo-chrétienne contre l’Islam.

Les remarques de Bouchard interviennent au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Ehud Barak, contre l’avis de la majorité de l’establishment militaire israélien, annoncent vouloir lancer l’attaque contre l’Iran, bien que 46% des Israéliens y restent fortement opposés.

Le leader de l’opposition, Shaul Mofaz, a déclaré pour sa part que le Premier ministre agite le spectre de la guerre pour tenter de faire oublier la crise économique. Le gouvernement doit notamment faire passer un plan d’austérité comprenant des hausses d’impôts et des réductions budgétaires, ce qui provoque la colère de nombreux Israéliens.

En ce qui concerne la Syrie, le général Bouchard estime la situation dans ce pays bien différente de celle de la Libye. Il souligne qu’un renversement du gouvernement de Bachar el-Assad aboutirait à un véritable chaos, étant donné la situation actuelle sévissant dans ce pays.

Le général Bouchard a également mis au défi le prochain président des Etats-Unis. Celui-ci devrait examiner au plus vite les cas exemplaires où la diplomatie a permis de retourner des situations de grande tension jugées sans espoir de solution, comme la visite de Richard Nixon en Chine en 1972 ou celle du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem en 1977. La solution est toujours le fruit de compromis acceptés par les deux cotés. La Russie qui a des bonnes relations avec l’Iran détient une des clés de la situation. Il faut donc que les esprits se calment et qu’Israël ne se laisse pas entraîner dans des aventures irresponsables.