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L’Arctique, une fenêtre sur l’espace pour le Canada et la Chine

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Des ressources naturelles qui transitent entre le Québec et Pékin par voie terrestre en moins de 7 jours ? Absolument, mais en 2030 ! C’est en effet à cette date que la Russie projette d’avoir complété les 4,000 kilomètres manquant à son réseau ferroviaire pour relier la ville de Iakoutsk, en Sibérie orientale, jusqu’au port de Uelen, sur la mer de Béring.

Avant 2030 une équipe internationale de spécialistes de différentes sociétés d’ingénierie s’affaireront à parachever le tunnel de 100 kilomètres sous le détroit de Béring qui reliera l’Asie au continent Nord-Américain.

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L’arrivée prochaine d’une telle révolution dans le transport ferroviaire intercontinental additionnée aux nouvelles voies maritimes arctiques désormais navigables devraient permettre de réaliser le plein potentiel de la nouvelle « relation bilatérale stratégique » qui fut conclue récemment entre la Canada et la Chine.

De concert avec son nouveau partenaire chinois, le Canada doit oeuvrer afin d’augmenter la densité de flux énergétique [1] nécessaire pour passer à une « plateforme économique » supérieure.

Si l’on scrute le passé lointain de la Chine, l’on constate que l’État chinois organisé émerge de la préhistoire vers le milieu du IIe millénaire et que la civilisation scientifique et technique chinoise était, en fait, très en avance sur l’Occident jusqu’à la fin de la dynastie des Song (960-1279).

Le futur de la Chine ne se trouve point dans ce que les médias occidentaux, de façon éhonté, qualifient de « quête internationale pour satisfaire une faim insatiable pour nos ressources naturelles ».

L’intérêt commun du Canada et de la Chine réside dans une mission pour l’humanité. Un projet qui saura marquer notre siècle d’un optimisme scientifique et technologique semblable à celui que suscita le Président Kennedy lorsqu’il annonça son projet « de mettre un homme sur la Lune avant la fin de la décennie  ».

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L’Impératif extraterrestre

La seule véritable richesse est celle qui nous permet de connaître les lois de l’univers, un univers qui ne peut-être limité à notre biosphère ni même à notre système solaire. Ultimement, tout être humain aspire à un « impératif extra-terrestre ». Les Canadiens et les Chinois n’y font pas exception. Notre destinée commune se trouve dans l’espace et dans l’Arctique, notre « fenêtre sur l’espace ».

Le Canada obtiendra la présidence du Conseil de l’Arctique, pour une période de deux ans, à partir d’avril 2013. Par ailleurs, depuis plusieurs années la Chine participe à des projets de recherches scientifiques dans l’Arctique et l’Antarctique [2]. Elle mérite pleinement le siège « d’observateur permanent » au sein de ce forum, statut qu’elle réclame du reste depuis quelques années.

Le Conseil de l’Arctique est un regroupement des huit pays circumpolaires et des peuples autochtones qui occupent ces territoires. S’y ont rajouté au cours des ans quelques pays qui ont le statut « d’observateur permanent ». Le Canada devrait promouvoir la candidature de la Chine au sein du Conseil de l’Arctique.

L’aspect crucial de notre relation avec la Chine doit porter sur des initiatives de grands projets communs pour l’espèce humaine : une alliance stratégique sino-canadienne en faveur de l’économie du futur dans l’Arctique et dans l’espace.

Umka et Iqaluit

« L’Arctique n’est plus seulement la « fenêtre cosmique » à travers laquelle passent des rayonnements de particules extra-terrestres pour y produire les magnifiques aurores boréales que nous connaissons si bien.

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« C’est aujourd’hui notre fenêtre vers l’espace, en temps qu’étape frontière nécessaire au développement de l’humanité dans le système solaire : car c’est ici, en Arctique que nous développerons les technologies nécessaires pour accomplir notre destinée dans les étoiles ». [3]

Une ville sous dôme sera construite sur l’île de Kotelny, dans l’archipel de la Nouvelle-Sibérie. La ville d’Umka surnommée la « ville des merveilles », sera située à 1600 km du pôle nord. Selon son architecte Valery Rzhevsky « c’est le seul projet au monde de cette ampleur, (5,000 habitants, 1,2 km de long sur 800 mètres de large) avec un climat artificiel et un système de survie incorporée comparable à celui de la Station spatiale ».

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Le Premier Ministre John Diefenbaker avait, lui aussi, proposé à son époque des plans de villes sous-dômes pour le Nord et l’Arctique canadien. [4],

L’Empire britannique est le principal obstacle au progrès humain

Le cas d’Attawapiskat dans le nord de l’Ontario n’est pas un cas isolé. Les communautés au nord du 60e parallèle sont délaissées par nos gouvernements et largement considérées comme des territoires qui sont non propice au développement scientifique et technologique.

L’Empire prétend défendre le droit des peuples autochtones à un « style de vie naturelle qui leur est propre », selon les théories du relativisme culturel concoctées par des anthropologues inféodés à l’oligarchie.

Il faut lire les écrits de l’anthropologue américain raciste Lewis Henry Morgan, grand spécialiste du profilage de la nation Iroquoise au 19e siècle. Quant au fondateur du relativisme culturel, Franz Boas, il devint une célébrité académique après un long séjour parmi les peuples autochtones de la terre de Baffin. Son élève la plus célèbre, Margaret Mead, participa avec son mari Gregory Bateson au réseau de haut-niveau qui fut responsable du programme clinique de lavage de cerveau pratiqué au cours des années 60 dans des hôpitaux psychiatriques tel l’Allen Memorial à Montréal et ailleurs en Amérique du Nord. Ce menticide organisé avait pour nom de code MK Ultra et était une opération conjointe du MI6 et de la CIA.

Toute cette pseudoscience a servi à assujettir les peuples autochtones et à justifier la main mise de l’Empire sur les ressources des régions dites
« inhospitalières ». Les Inuits et Premières Nations du Canada ont ainsi subies la même politique de contrôle et de génocide que l’Empire britannique appliquait envers les peuples indigènes de par le monde.

Au Canada, l’oppression fut d’abord l’affaire des compagnies impériales comme la Compagnie de la Baie d’Hudson. Avant la guerre de Sept Ans c’était la Compagnie des Indes Orientales qui dominait les mers. Puis l’Empire colonial britannique gouverna en son propre nom à partir de 1763. Aujourd’hui, nous avons affaire à l’Empire financier de « la City ». L’on comprend pourquoi l’Union Jack est, à ce jour, toujours aussi méprisé sur plusieurs continents et est appelé « the butcher’s apron ».

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La présente réalité stratégique est que ce sont la Chine et la Russie qui constituent la principale opposition au génocide de « la City » à l’échelle mondiale. L’effondrement imminent de l’empire financier britannique va entraîner dans sa chute l’ensemble des économies de la région transatlantique. Pour éviter à tout prix la future domination asiatique, Londres s’apprête à lancer, à travers son pantin Obama, une confrontation thermonucléaire [5] contre la Chine et la Russie, les
« survivants » asiatiques de la débâcle financière. La poudrière Moyen-orientale sera le déclencheur probable de ce projet infernal.

La seule option efficace pour contrer ces desseins belliqueux de l’oligarchie est de mettre rapidement l’empire financier en faillite à travers une loi Glass-Steagall global [6]. Cette première mesure doit-être suivie immédiatement d’une alliance stratégique entre les Etats-Unis, sans Obama, [7] la Russie et la Chine : une alliance assez puissante pour initier contre « la City » et Wall Street un nouveau système international de crédit de type Hamiltonien [8]. Par la suite, il nous faut entreprendre une série de grands projets [9] qui puissent enfin « élever à la dignité d’hommes tous les individus de l’espèce humaine. »

C’est en effet la nature propre de l’homme que d’élever son regard vers les étoiles et d’imaginer un futur au-delà de sa biosphère. Si l’homme vit dans une culture où un optimisme scientifique domine, il sera alors naturellement enclin à œuvrer afin d’assurer les conditions politiques et sociales qui permettront une accélération des percées scientifiques et technologiques capable de répondre à l’impératif extra-terrestre qui l’anime.

Notes :


[1Par densité de flux énergétique, on entend la capacité d’un système énergétique à effectuer un travail. L’histoire de la biosphère est un processus d’auto-développement de ce principe, ponctué par des sauts qualitatifs, chaque saut nous amenant à un système énergétique plus performant, c’est-à-dire capable de soutenir une forme de vie à chaque fois plus développée et importante.

[3Voir dans le journal Nouvelle Solidarité, édition du 10 février 2012, l’article de Michelle Fuchs et Sky Shields — La science de l’économie du futur : Systèmes auto-développants et développement de l’Arctique.

[4Le projet de ville sous verre sur la baie de Frobisher (renommée depuis Iqaluit), située dans le cercle arctique à 62°49’59’’ de latitude nord, prévoyait la construction d’une ville dans l’Arctique « dont le coût de la vie et le confort des habitants seraient équivalents à ceux vivant à Toronto ». Elle abriterait 4500 personnes et serait alimentée par une petite centrale nucléaire.