Editorials of / Editoriaux de Gilles Gervais
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NAWAPA, l’économie du Nord et de l’Arctique :
La future destinée du Québec et du Canada

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Aujourd’hui la nouvelle frontière de l’humanité est le Nord et l’Arctique.

Si l’ensemble du territoire canadien au nord du 60e parallèle est appelé à se développer au cours des 20-30 prochaines années grâce à NAWAPA, en ce cas-là l’expertise acquise lors de nos grands travaux dans le Nord du Québec nous permettront d’assumer un rôle de premier plan dans l’ensemble Nord-américain alors que le Canada se transformera progressivement en une véritable économie du Nord et de l’Arctique.

Face à la crise financière internationale qui perdure, il nous faut bâtir maintenant, par le biais de nouvelles institutions nationales de crédit public, et ce en parallèle avec le Plan Nord, les composantes pan-canadiennes du grand projet d’infrastructure à l’échelle continentale que représente l’Alliance Nord-américaine pour l’eau et l’énergie (NAWAPA).

Un projet capable d’augmenter de façon quantitative et qualitative nos ressources hydrologiques et énergétiques. En appliquant les principes de l’économie physique, nous rejetons la logique de l’ALÉNA qui engendre inégalités et injustices, et adressons les besoins socio-économiques réels des citoyens Canadiens, Américains et Mexicains dans le respect de la souveraineté des trois pays.

L’Alliance Nord-américaine pour l’eau et l’énergie (NAWAPA) se définie comme un projet d’infrastructure d’envergure continentale capable de satisfaire les critères ci-hauts mentionnés. Le projet prend comme point de départ l’idée de capter une partie de la pluviométrie abondante de l’Alaska et du Yukon pour l’acheminer vers d’autres régions du Canada, des États-Unis et du Mexique souffrant de pénuries.

Ce « projet du siècle » 1) permettra le développement d’une main d’œuvre qualifiée, un « plein emploi » et une productivité accrue, 2) augmentera de façon significative la superficie totale du territoire agricole irrigable, 3) établira un système efficace pour contrôler les inondations et les sécheresses, 4) permettra d’accroître la densité du flux énergétique par tête et par unité de surface, 5) fera l’objet d’un traité tripartite permettant une gestion du cycle hydrologique planifiée sur le long terme et sur une échelle continentale, nous évitant ainsi la « gestion de crise » trop souvent associée aux coupures dans les budgets provinciaux et nationaux, 6) mettra la recherche scientifique au centre de ses préoccupations en incluant des scientifiques de renom sur le Conseil de la Commission Internationale NAWAPA. Ces scientifiques seront responsables de diverses sphères d’activités, et plus particulièrement celles qui concernent les domaines tels que l’ingénierie bio-sphérique du climat, l’étude des nappes phréatiques et l’étude des sols et des plantes.

Si l’on examine de plus près la cause de la crise financière et économique mondiale actuelle, nous constatons qu’elle ne fut pas le résultat d’une erreur commise au niveau des marchés financiers, mais plutôt une erreur commise au niveau du paradigme de la valeur monétaire. La valeur monétaire ayant remplacé la valeur du progrès technologique qui découle de la maîtrise et de la régulation de la nature par l’homme. Pratiquement parlant, cette dernière approche se traduit par le développement de nouveaux systèmes de ressources et d’énergies, qui vont de pair avec des avances industrielles et manufacturières constantes afin de mieux servir la croissance de ces capacités. Quant à la première approche, elle ne peut que promouvoir la cannibalisation des infrastructures existantes, en accumulant des profits monétaires qui permettent de continuer la consommation, mais sans jamais créer l’augmentation de la productivité capable de régénérer la richesse consommée.

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Le remède politique nécessaire pour remédier à cette situation requiert deux mesures urgentes :

1) d’abord une entente entre états-nations souverains afin d’appliquer une législation modelée sur la loi Glass-Steagall (1933) de Franklin Delano Roosevelt, et
2) la création soit d’une institution de crédit public semblable à celle qui a été utilisée par Roosevelt pour financer son New Deal, la Reconstruction Finance Corporation ou, encore mieux, la création d’une banque d’État, modelée sur la banque créé par Alexandre Hamilton, the First National Bank Of the United States.

La véritable question n’est pas de savoir si nous avons l’argent pour financer un projet comme le NAWAPA, mais plutôt : Avons-nous le courage politique de mettre fin au système monétaire actuel agonisant qui espère pouvoir renaître de ses cendres en prenant comme otages non seulement les citoyens grecs mais, éventuellement, tous les citoyens de part et d’autre de l’Atlantique.

Il est donc impératif de créer des institutions nationales qui puissent générer un crédit productif au service de l’Homme et de la Nation.

NAWAPA remplira sa promesse de fournir des millions d’emplois productifs pour toute une génération de jeunes adultes qui, pour une large part, sont non qualifiés et se définissant eux-mêmes comme une « no future generation ». Ce sont pourtant ces jeunes générations montantes qui sont notre plus précieuse ressource—il nous faut tout mettre en œuvre pour que l’on puisse développer une génération de jeunes travailleurs qualifiés et créateurs sans lesquels aucune économie ne pourrait survivre.

Construire NAWAPA redonnera à la nation un optimisme scientifique et technologique, autant chez les jeunes que chez les moins jeunes. À travers ce grand chantier NAWAPA, le Canada deviendra un exemple vivant pour d’autres peuples et nations qui s’en inspireront pour réaliser leurs propres objectifs de développement. Un exemple dont l’humanité aujourd’hui en péril a terriblement besoin.