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2013 : Le Canada doit se doter d’un système de crédit Hamiltonien

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Résoudre la crise systémique qui frappe les pays de la région transatlantique requiert des éléments de solution a) qui correspondent à une science de l’économie physique et b) qui peuvent être validés par les succès de précédents historiques associés à un système de crédit hamiltonien en vigueur sous les présidences américaines de John Quincy Adams et la deuxième Banque Nationale des États-Unis, d’Abraham Lincoln et sa politique des «  greenbacks  » et de Franklin Delano Roosevelt et la « Reconstruction Finance Corporation ».

Toutes les « solutions » mises de l’avant depuis 2007 lors des quelques 20 sommets économiques des chefs d’États européens ne sont que des combinaisons d’éléments d’un système monétariste associé historiquement à la politique impériale de la « City » et de Wall Street.

Une économie qui se veut être au service de la découverte, de la créativité et de la dignité humaine doit rejeter les axiomes associés à une politique monétaire impériale.

Il faut augmenter la densité du flux énergétique et le potentiel de densité démographique relatif du globe afin que cesse le génocide actuel promu par l’oligarchie financière.

Le premier pas à franchir dans cette direction est le passage d’un projet de loi modelé sur la loi Glass-Steagall de 1933 de Franklin Delano Roosevelt qui effectue une séparation stricte entre les banques de dépôts et les banques d’investissements.

Un tel projet de loi a été introduit récemment au Congrès américain par la démocrate Marcy Kaptur (D-Ohio) et son collègue républicain Walter Jones (R-Caroline du Nord) : la «  loi de retour à une activité bancaire prudente de 2011 (H.R. 1489)  » et qui a recueilli jusqu’à présent 90 cosignataires à la Chambre des Représentants.

L’élite financière impériale, très consciente d’un débat et d’un appui international en faveur du rétablissement du système Glass-Steagall, essaie désespérément d’éviter une telle réforme en profondeur en proposant des versions inefficaces, comme par exemple, la règle de Volcker ou le « ring fencing » de Lord Vickers , qui leur permettrait de continuer leur jeu de casino financier.

Au Canada nous devons mobiliser Ottawa afin qu’une loi pour un Glass-Steagall strict soit introduite à la Chambre des Communes.

Un « système Glass-Steagall » pour être efficace doit inclure la mise sur pied d’une institution qui puisse émettre une quantité considérable de crédit productif public afin d’initier une politique de grands travaux à l’échelle continentale qui puisse générer des millions d’emplois productifs sur le long terme.

Qu’est-ce qu’un crédit hamiltonien ? Lors de son « Message de l’Union » du 22 janvier 2011 à la nation américaine, l’économiste et homme d’État Lyndon LaRouche résuma ainsi ce principe constitutionnel :

«  Ce principe de système de crédit d’Hamilton est intrinsèquement et directement opposé au concept monétariste qui naquit dans la politique usurière de l’Empire Romain, que poursuit l’Empire britannique aujourd’hui, et qui reste toléré par la plupart des nations d’Europe et d’ailleurs.

«  Ce principe est également de nature morale contre l’usure monétariste employée pour détruire notre république, en particulier depuis la trahison criminelle du Président Nixon en août 1971.

« Ce principe est élémentaire : on le retrouve dans la création par la Colonie de la Baie du Massachusetts, de son fameux Pine Tree Shilling. [*] Une dette honnête envers l’avenir ne peut être payée qu’à travers l’honnête création à l’avenir d’une richesse physique équivalente, ce qui inclut le développement des pouvoirs créateurs de chaque citoyen, de chaque enfant et de chaque adolescent.

« Les dettes générées par un système de crédit sont remboursées par la prolificité de la production future ; c’est ce qu’avait déjà compris les Winthrop et les Mather de la colonie du Massachusetts. De telles dettes requièrent que le gouvernement limite leur accumulation à la part efficiente de son engagement à promouvoir la production. Légalement, elles ne peuvent être contractées que sur la base de la création accrue de richesse physique et de la croissance de la productivité physique de la nation. Toutes dettes contractées sous le coup de la spéculation financière n’ont aucune légitimité aux yeux d’un gouvernement.

« Voilà comment décrire avec des mots simples le grand principe d’Hamilton que l’on retrouve dans l’intention implicite du préambule de notre Constitution.

« Les dettes sont bonnes lorsqu’elles sont conçues pour l’être, comme dans le cas d’un système de crédit qui repose sur l’engagement à accroître la création nette de richesse par personne et par kilomètre carré du territoire d’une nation.  »