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Faut-il abolir le Sénat ou plutôt la Monarchie ?

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Alors que les partis d’opposition à la Chambre des communes discutent soit de réformer ou même d’abolir le Sénat canadien, il est certain qu’un choix éclairé ne peut émerger du tapage médiatique ou de l’indignation populaire qui ont récemment fait écho aux scandales qui ont éclaboussé la Chambre haute tant au Canada qu’au Royaume-Uni.

La réforme du Sénat n’est pas une priorité absolue et sert, ultimement, à faire obstacle au débat de fond sur le rôle de la monarchie au Canada.

L’urgence à laquelle nous sommes tous confrontés nécessite d’abord et avant tout une mise en faillite ordonnée du système impérial actuel qui est basé sur une politique monétariste usurière qui menace le bien-être et la vie même de tous les Canadiens.

Nous devons créer un système de crédit public et souverain qui encourage la formation de capital lié au progrès technologique.

Les politiques de renflouements externes (bailouts) et internes (bail-ins) du système impérial à l’agonie sont actuellement coordonnées au niveau international par le Financial Stability Board (FSB), organisme officiellement mandaté par les chefs d’États lors du Sommet du G20 de 2009 afin d’assurer la « stabilité financière » face aux banques « trop grosses pour faire faillite » ( too big to fail ). Ce FSB basé à Bâle en Suisse est dirigé, depuis novembre 2011, par Mark Carney qui, jusqu’à tout récemment, était également gouverneur de la Banque du Canada.

Cui bono ?

Mais à qui cela profite-t-il véritablement ? À « la City » et au groupe bancaire Inter-Alpha, deux composantes de l’Empire britannique.

Le système financier est accro aux produits dérivés et est devenu une bulle gigantesque mathématiquement impossible à sauver.

Voilà pourquoi le Comité pour la République du Canada, le seul mouvement politique national fondé explicitement sur l’idée de transformer le Canada en une république moderne, mobilise avant tout pour un changement vers une loi Glass-Steagal et un nouveau système de crédit productif public basé sur les principes constitutionnels d’Alexandre Hamilton.

Le gouvernement fédéral doit ériger un pare-feu pour protéger l’économie réelle canadienne des conséquences d’un effondrement financier international. La Chambre des communes doit légiférer en faveur d’un système Glass-Steagall de séparation stricte entre banques de dépôt et banques d’investissement. Dans un deuxième temps, le Canada doit se doter d’une Banque Nationale Hamiltonienne capable d’émettre un crédit productif public en quantité suffisante pour financer des travaux d’infrastructures à l’échelle continentale telle que le projet d’Alliance Nord-américaine pour l’Eau et l’Énergie (NAWAPA).

Une telle mobilisation politique en faveur d’un changement international capital permettra de rapprocher le citoyen de cet idéal Schillérien de l’individu qui s’identifie à la fois comme patriote de sa nation et citoyen du monde.

Avant que le Canada n’atteigne une maturité politique qui lui permettra de se prononcer en faveur de l’établissement d’une république moderne, il vaut mieux qu’il y ait au Canada « des Républicains sans République qu’une République sans Républicains. »

Élisabeth II règne sur un « nouvel Empire britannique » aussi meurtrier que fut celui du XIXème siècle

Le véritable enjeu pour l’oligarchie de l’Empire n’est pas simplement d’imposer un fascisme financier pour essayer de sauvegarder le plus d’actifs possible d’une gigantesque bulle spéculative gonflée par « les produits dérivés », mais bien de réduire la population mondiale de 7 milliards d’individus à moins de 1 milliard ! Cela doit se réaliser, selon ces oligarques, par une combinaison d’austérité, de famine, d’épidémies, d’un agenda vert radical néo-malthusien, et d’un conflit militaire généralisé qui risque fort de nous conduire à une confrontation thermonucléaire.

Seul l’Empire britannique possède à la fois la motivation, la volonté et la capacité d’exécuter un génocide d’une telle envergure !

Il y a plus de 370 ans déjà, la Massachusetts Bay Colony se dotait du premier gouvernement représentatif indépendant de l’histoire moderne

« Au XVIIe siècle, les humanistes européens étaient arrivés à la conclusion que la première république de l’histoire moderne ne pourrait être créée en Europe car l’oligarchie y était trop puissante. Cependant, cette oligarchie étant très occupée à se faire la guerre à elle-même (en particulier la France contre l’Angleterre), ils décidèrent de commencer par l’Amérique . » (1)

« Lorsque John Winthrop (1588-1649) arriva à bord de l’Arbella en septembre 1630, avec un équipage composé d’une petite centaine d’ingénieurs, charpentiers, pêcheurs et ouvriers qualifiés, il était porteur d’une Charte d’indépendance. Cette charte accordait aux colons le droit à l’auto-gouvernance, échappant au pouvoir du Parlement [britannique] et de la Couronne. Le droit de développer le territoire, des côtes jusqu’aux mines, et toutes les terres cédées à la colonie de la Baie du Massachusetts. Sous John Winthrop, ce Massachusetts-là allait devenir le premier gouvernement représentatif indépendant de l’histoire moderne.

« Ce fut la première colonisation réellement conforme à l’idée moderne d’État-nation, une "République État-Nation" fondée sur des principes radicalement opposés à ceux d’individus comme Guillaume d’Orange (1650-1702) et ses disciples de la Compagnie britannique des Indes orientales, trafiquants d’esclaves et de drogue, et autres dégénérés du système britannique d’aujourd’hui .

« À la fin du XVIIème siècle, les figures dominantes de la « Massachusetts Bay Colony », Increase et Cotton Mather avaient déjà assimilé les principes d’économie politique de Jean Bodin en France, et de Thomas Gresham en Angleterre. Dès 1690, le « Massachusetts Bay Colony » « avait autorisé l’émission de “bills of credit”, la première monnaie-papier d’Amérique. » Cette colonie avait donc établi, dès ses débuts, un système de crédit qui favorisait le développement de la science et des machines ce qui permettait une augmentation de la productivité, par capita et par kilomètre carré. » (2)

«  Nous, républicains d’aujourd’hui, sommes les héritiers des grands mouvements érasmiens de l’Angleterre et de la France du seizième siècle et dix-septième siècle, représentés en France par Henry IV, Richelieu, Mazarin, Colbert et l’ordre enseignant des Oratoriens. » (3)

Aujourd’hui c’est à notre tour de « renvoyer l’ascenseur » alors que l’Europe croule à nouveau sous une dictature d’oligarques. Déjà l’Europe du sud a été transformée en un énorme « camp de concentration » sans barbelés.

Nous enjoignons tous les citoyens aptes à le faire à rejoindre nos efforts en faveur des mesures politiques républicaines énoncées ci-haut qui puissent uniquement assurer la souveraineté des citoyens et des nations en cette période de crise existentielle.

Nous en appelons particulièrement à tous ceux et celles qui se trouvent en accord moral avec notre Projet de Constitution pour la République du Canada et de notre Programme économique : « Pour une Relance de l’économie physique : Système Glass-Segall, une banque nationale, NAWAPA et autres grands projets  » de communiquer avec nous afin que l’on puisse ensemble s’assurer qu’un débat sur la place publique ait lieu et que des pressions continues sur nos représentants élus fassent en sorte que la Chambre des communes puisse débattre et introduire un projet de loi Glass-Steagall dès la rentrée parlementaire.