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G20, Trump : ce qu’il s’est vraiment passé

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S&P—Après deux semaines passées sous la menace d’une escalade vers la guerre, ce que l’on peut dire du sommet du G20, qui vient de se terminer à Osaka, au Japon, c’est que le pire a été évité, mais que rien de bon n’a été décidé.


Le G20 dans son format actuel ne permet pas de prendre les grands enjeux par les cornes. Bien au contraire. Pour preuve, le communiqué officiel du sommet conclut sur le consensus des dirigeants demandant aux banques centrales de reprendre et/ou de poursuivre leur politique de renflouement des méga-banques, dont les effets en dix ans ont été d’atrophier la croissance et de créer les conditions pour un nouveau krach financier !

L’essentiel du sommet s’est déroulé en marge, avec les multiples rencontres bilatérales, dont celles du président américain avec le président russe (qui a eu lieu malgré les provocations contre l’Iran et les révélations du New York Times sur les programmes de cyberattaques du Pentagone contre la Russie) ainsi qu’avec le président chinois et le président japonais. Le RIC, format trilatéral comptant la Russie, l’Inde et la Chine, s’est également réuni, ainsi que les BRICS.

L’autre point très positif est bien entendu la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, à Panmunjom. Par cette rencontre historique – pour la première fois, un président américain a foulé le sol nord-coréen –, il semble bien que Trump a repris la main dans le dossier nord-coréen, renouant avec l’esprit de Singapour, plutôt que celui de Hanoï, le sommet qui avait été saboté par le secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton (défenseur invétéré du « modèle libyen » pour la Corée du Nord). A Panmunjom, l’absence de ce dernier, envoyé en Mongolie, et la présence du présentateur de Fox News Tucker Carlson, anti-interventionniste, ont d’ailleurs été très remarquées.

Long dialogue stratégique entre Trump et Poutine

Les présidents américain et russe se sont parlés durant 80 minutes, au lieu de 60. À l’issue de la rencontre, Poutine a invité Trump à Moscou pour le 75e anniversaire du jour de la Victoire, le 9 mai 2020 – invitation reçue positivement par le président américain. Et lorsqu’un journaliste a demandé à ce dernier s’il dirait à la Russie de ne pas s’ingérer dans les prochaines élections américaines, Trump a répondu : « Oui, bien sûr, je vais le faire ». Puis, se tournant vers Poutine en pointant son doigt : « Ne vous ingérez pas dans l’élection, Président. Ne vous ingérez pas dans l’élection ». Poutine a bien rit ; les médias, un peu moins.

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