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Avoir viré les dynasties Bush, Clinton et Obama, voilà le crime de Trump

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Montée en mayonnaise par les médias, la procédure d’impeachment contre Trump se poursuit ; cependant, la contre-offensive est en cours avec, dans les deux prochaines semaines, la publication des rapports d’enquête sur les agissements de l’administration Obama, du FBI et du Département de la Justice lors de la campagne présidentielle de 2016.

S&P—Nuit et jour, la machine médiatique fait tourner en boucle la narration faisant passer le président Trump pour un agent récidiviste de puissances étrangères, œuvrant contre les intérêts des États-Unis. On n’aura pas vu un tel délire de paranoïa – et, comble d’ironie, de théorie du complot – depuis la Guerre froide. Lors des auditions de la semaine dernière à la Commission du renseignement de la Chambre, William Taylor, l’ancien ambassadeur en Ukraine, George Kent, le secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires européennes et eurasiennes, et Fiona Hill, l’ancienne conseillère de la Maison-Blanche, ont tous abondé dans ce sens. À les écouter, la Russie serait le diable incarné, prêt aux pires des atrocités.

Taylor en est même venu à comparer la « Révolution du Maïdan », qui a conduit à la chute de Viktor Ianoukovitch en 2014 grâce aux milices paramilitaires ultranationalistes et néo-nazies, avec la Révolution d’indépendance américaine, disant que ceux qui combattent les Russes en Ukraine de l’Est sont l’équivalent des « Minutemen » (nom donné aux membres de la milice des 13 colonies), ou du Baron von Steuben et du Marquis de Lafayette ! Il fallait oser.

Fiona Hill a quant à elle affirmé que les pressions mises par Trump sur le nouveau président ukrainien Zelensky, pour obtenir une enquête sur le fils de Joe Biden, ont été commanditées par la Russie. « La triste vérité est que la Russie a systématiquement attaqué nos institutions démocratiques en 2016, a-t-elle déclaré. C’est la conclusion publique de nos agences de renseignement ». Dans une tribune au vitriol publiée sur le site ConsortiumNews contre le témoignage de Hill, le lanceur d’alerte Ray McGovern, ancien analyste de la CIA et membre des VIPS (un collectif d’anciens professionnels du renseignement américain), écrit : « Ah oui, la conclusion publique de nos agences de renseignement : les mêmes qui rapportaient que le Parti communiste de l’Union soviétique n’abandonnerait jamais le pouvoir pacifiquement ; les mêmes qui ont dit au secrétaire d’État Colin Powell qu’il pouvait annoncer au Conseil de sécurité des Nations unies que les preuves sur les armes de destruction massives [de l’Irak], que lui avaient fournies les agences de renseignement, étaient irréfutables et indéniables ».

Pour McGovern, qui a dirigé dans les années 1970 l’équipe des analystes de la CIA travaillant sur la politique étrangère soviétique, « Fiona Hill (…) semble avoir trois décennies de retard », à l’image de nombreux prétendus experts américains sur la Russie, qui sont exhibés continuellement dans les médias. L’ancien analyste fait remarquer que le mentor de Hill à Harvard était Richard Pipes, « le grand prêtre de la Russophobie » et père de Daniel Pipes, le néo-conservateur « grand prêtre de l’islamophobie » qui s’en prend régulièrement à la France.

Précisons que Fiona Hill, William Taylor et George Kent, de même que bon nombre des personnes auditionnées dans le cadre de la procédure de destitution, ont occupé des postes-clés dans les administrations Bush et Obama, au cœur de la machine qui a systématiquement détruit l’économie ukrainienne, au travers des thérapies de choc du FMI, depuis la chute de l’URSS et surtout après le coup d’État de 2014.

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