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La Chine relance l’alliance des BRICS et l’élargit

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Christine Bierre
Rédactrice-en-chef du journal Nouvelle Solidarité

[Face aux tentatives de la coalition de l’OTAN pour diviser le monde en deux blocs hostiles, conduisant à la guerre, la Chine veut au contraire élargir les espaces de coopération économique permettant d’assurer la paix.]

S&P—Cela fait un moment qu’on ne parlait plus des BRICS, ce groupe de grands pays émergents formé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Au Brésil, les Etats-Unis ont tout fait pour chasser du pouvoir ceux qui animaient ce projet et des chasses aux sorcières similaires ont eu lieu en Afrique du Sud, affaiblissant pendant un temps l’offensive lancée par ces pays pour atteindre le plein développement et pour aider d’autres pays en développement à franchir le pas.

Le refus de la Russie de devenir le vassal d’un empire anglo-américain cherchant à accaparer tout ce qui se trouve à l’est de l’Europe, a encouragé de nombreux pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Sud et d’ailleurs, à mieux s’organiser pour lutter pour la paix et le développement.

La Chine, qui assure cette année la présidence tournante des BRICS, est déjà pleinement mobilisée pour relancer l’Organisation et ouvrir la voie à son élargissement via le mécanisme des « BRICS + » qu’elle avait proposée en 2017, première étape vers l’adhésion en tant que membres de plein droit.

En ce mois de juin, trois sommets vont se succéder :

  • le Sommet économique des BRICS le 22 juin ;
  • le 14e Sommet annuel des BRICS le 23 juin ;
  • le Dialogue de haut niveau sur le développement global », le 24 juin.

A la veille de ces sommets, la Chine a publié le 20 juin un Rapport pour le développement global qui, après avoir fait le tour des accomplissements du programme de l’ONU 2030 et de ce qu’il reste à faire, propose une démarche inspirée de la lutte réussie contre la pauvreté en Chine, pour mettre fin à la pauvreté dans le monde d’ici 2030.

Les BRICS contribuent déjà à cet effort grâce « au partenariat stratégique » avec leur Nouvelle Banque de développement (NDB), créée en 2015. Environ 80 projets d’infrastructures ont été approuvés par la NDB depuis sa création, des investissements totalisant 30 milliards de dollars dans les infrastructures de transport, l’eau et son assainissement, l’énergie propre, le numérique et le développement urbain. Un de ces grands projets, mené dans le nord du Brésil (Para), profitera à 340 000 habitants.

Les « BRICS + » au secours de la paix et du développement

C’est dans ce contexte que la Chine a proposé, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, le 19 mai dernier, d’élargir le groupe via la procédure des « BRICS + », proposition qui a recueilli un écho favorable parmi les participants. Cette réunion a d’ailleurs été suivie d’un dialogue avec des représentants d’Argentine, Égypte, Indonésie, Kazakhstan, Nigeria, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Sénégal et Thaïlande.

Par ces initiatives, la Chine et les BRICS tentent de contrer l’offensive de l’OTAN et de ses alliés pour diviser le monde en deux blocs ennemis, le G7 d’un côté, et de l’autre, la Russie et la Chine, rejointes par tous ceux qui refusent un monde ainsi divisé entre clans ennemis.

"Les pays membres [des BRICS], a dit le président Xi Jinping dans ce contexte, pourraient exploiter le format BRICS + au sein des Nations unies, du G20 et d’autres cadres, pour faire avancer les intérêts communs et stimuler un espace de développement pour les marchés émergents et les pays en développement, contribuant ainsi davantage à la paix et au développement dans le monde à travers des partenariats plus larges."

« L’humanité a connu les ravages de deux guerres mondiales et le sombre brouillard de l’affrontement de la guerre froide », a déclaré Xi Jinping en marge du sommet économique des BRICS, le 22 juin, selon l’agence de presse officielle Xinhua. « Cette douloureuse histoire montre que l’affrontement entre blocs hégémoniques (...) n’apportera pas la paix et la sécurité, mais seulement la guerre et les conflits, a-t-il souligné. La crise en Ukraine est un autre signal d’alarme pour le monde : la foi aveugle dans le rapport de force, l’élargissement des alliances militaires et la recherche de sa propre sécurité au détriment de celle des autres pays, débouchent immanquablement sur une impasse sécuritaire. »