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100e anniversaire de la naissance de Lyndon LaRouche LaRouche
Ses idées façonneront l’avenir de l’humanité

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par Helga Zepp-LaRouche

Il y a cent ans, le 8 septembre 1922, naissait Lyndon LaRouche, un homme que beaucoup de gens à travers le monde, dont moi-même, considèrent comme le plus grand penseur de notre époque. Pour « l’Establishment » transatlantique, en revanche, c’est l’individu le plus détesté, le plus craint et le plus calomnié, ce qui, à l’heure des Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping, en dit long.

Comme j’ai eu la chance d’être sa femme pendant 41 ans et de travailler avec lui pendant un demi-siècle à la construction d’un mouvement international, je peux ajouter mon jugement personnel : c’était une « belle âme » au sens où l’entendait Friedrich Schiller, la plus belle que j’aie jamais rencontrée.

Pour lui, liberté et nécessité, passion et devoir ne faisaient qu’un, ce qui correspond précisément à la définition que Schiller nous donne du génie. Et ce qui est vraiment excellent, c’est que ses idées sont toujours vivantes aujourd’hui et influentes dans de nombreux pays du monde.

Lyndon LaRouche avait une connaissance inégalée et un sens imparable de la cohésion des notions philosophiques, épistémologiques, culturelles et scientifiques, ce qui lui permettait d’être à l’aise dans l’histoire des idées et de reconnaître immédiatement leur nature essentielle. C’est grâce à cette capacité qu’il réfuta, au début des années 1950, la théorie de l’information et l’analyse des systèmes énoncée par Norbert Wiener et John von Neumann. Les jugeant inadéquates pour décrire les processus économiques, il développa sa propre méthode scientifique d’« économie physique », en s’appuyant sur Gottfried Wilhelm Leibniz, Friedrich List, Henry C. Carey et Bernhard Riemann, entre autres.

De ce point de vue et grâce à sa vaste connaissance de 2500 ans d’histoire de la culture et de la science européennes et de l’histoire universelle en général, il a reconnu plus clairement que quiconque les effets potentiellement catastrophiques de la contre-culture « drogue-sexe-rock » des années 1960 sur le potentiel cognitif de l’Homme et, par effet induit, sur la productivité à long terme de la population.

Toutefois, sa prévision la plus importante reste sans doute son analyse du démontage du système de Bretton Woods par le président Nixon, lorsqu’il introduisit les taux de change flottants et suspendit la convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971. Il avait alors averti que si l’on maintenait ce changement de cap vers un système financier purement monétariste visant la maximisation des profits, le monde se dirigerait nécessairement vers une nouvelle dépression, un nouveau fascisme et le danger d’une nouvelle guerre mondiale, à moins d’établir un ordre économique mondial entièrement nouveau et juste.

Malheureusement, l’Establishment transatlantique ne l’a pas écouté. C’est pourquoi, 50 ans plus tard, le monde se trouve précisément au stade qu’il avait prévu. Au cours des décennies suivantes, chaque fois que l’oligarchie financière de Wall Street et de la City de Londres a encouragé le processus de dérégulation des marchés au détriment de l’économie réelle, LaRouche a mis le doigt sur la plaie et analysé les conséquences de cette politique.

La politique de « désintégration contrôlée » de l’économie sous l’administration Carter, les taux d’intérêt élevés de Volker, l’externalisation de la production vers des marchés de main-d’œuvre bon marché, l’organisation de la production en « flux tendu », la politique de fusions et d’acquisitions, la « reaganomics » et le thatchérisme, l’abrogation de la loi de séparation bancaire Glass-Steagall, une société centrée exclusivement sur la valeur actionnariale, la spéculation sur les produits financiers dérivés, les conséquences fatales de l’expansion monétaire « magique » de « l’assouplissement quantitatif » ainsi que la politique de taux zéro – tous ces jalons de la dérégulation système financier néolibéral, il les a dénoncés comme des erreurs fondamentales, qui n’étaient finalement que des étapes sur la voie du crash systémique.

Plutôt que d’utiliser les analyses de LaRouche pour corriger ses propres erreurs, l’oligarchie financière l’a considéré dès le départ comme une menace mortelle pour son système et a lancé une croisade internationale de plusieurs décennies pour étouffer ses idées, et donc son influence. Une véritable armée d’agents d’influence, dans les médias et toutes sortes d’institutions, y compris des diplomates du monde entier, fut déployée au niveau international pour faire pression sur quiconque manifestait un intérêt, quel qu’il soit, pour ses propositions.

Si on en avait tenu compte, les centaines, voire les milliers, d’analyses et d’évaluations percutantes que LaRouche a fournies au fil des ans, auraient amplement suffi à empêcher la catastrophe stratégique actuelle. Chaque fois, il en profitait aussi pour proposer des pistes vers une solution. Lorsque plusieurs chefs d’Etat commencèrent, au début des années 1980, à reprendre ses idées et à les mettre en œuvre, l’oligarchie financière décida, en gros, que LaRouche devait être éliminé.

  • Alors qu’il était président du Mexique, José Lopez Portillo avait demandé à LaRouche de rédiger pour lui un programme de défense du peso et de l’économie, qu’il commença à mettre en œuvre le 1er septembre 1982.
  • A la même époque, le Premier ministre indien Indira Gandhi commença à appliquer le programme sur 40 ans proposé par LaRouche pour le développement économique de l’Inde.
  • Et le 23 mars 1983, le président Reagan annonçait l’adoption du programme SDI élaboré par LaRouche. Cette proposition de nouvelle architecture de sécurité mondiale, d’une portée plus étendue qu’aucune autre jusqu’alors, aurait surmonté la division entre blocs de l’OTAN et du Pacte de Varsovie et ouvert une perspective de développement à grande échelle pour le secteur émergent. Alors que le président Reagan était prêt à changer la constellation stratégique de l’époque, en Union soviétique, la faction Arbatov-Ogarkov-Gorbatchov rejeta cette proposition et choisit ainsi une voie qui contribua de manière décisive à la disparition précoce de l’Union soviétique.

LaRouche s’est présenté huit fois à l’investiture présidentielle des Etats-Unis, dont sept fois lors de primaires démocrates. Un simple compte-rendu des opérations de sabotage menées contre lui par l’appareil de direction du parti associé à Al Gore, Barack Obama, Hillary Clinton et les dirigeants actuels, remplirait un livre entier.

En 1986, lorsque les candidats larouchistes commencèrent à gagner des élections (arrivant en deuxième et troisième place dans les primaires de l’Illinois), la décision fut prise de l’attaquer pour de bon.

Le 6 octobre 1986, avec l’aide de 400 agents lourdement armés, de véhicules blindés et d’hélicoptères, le FBI organisait un raid sur la maison et les bureaux de LaRouche, auprès duquel la récente perquisition de 40 agents du FBI dans la propriété de Trump, à Mar-a-Lago, ressemble à une fête d’anniversaire enfantine. Ce raid contre LaRouche et moi-même n’avait d’autre objectif que de nous éliminer physiquement, ce qui ne fut évité que par une intervention de la Maison Blanche.

S’ensuivirent des accusations forgées de toutes pièces, l’utilisation illégale des autorités fiscales, des procès truqués, et finalement l’incarcération de LaRouche et de certains de ses associés.

Après la sortie de prison de LaRouche, lors d’un tribunal international « d’honneur » organisé par des militants des droits civiques et des législateurs d’État afro-américains, l’ancien procureur général de l’administration Johnson, Ramsey Clark (intervenant de sa propre initiative), décrivit la démarche de l’administration en ces termes :

"Dans ce qui fut une utilisation complexe et omniprésente de l’application de la loi, des poursuites judiciaires, des médias et des organisations non gouvernementales en vue de détruire un ennemi, ce cas figure en première place. Dans certains cas, le gouvernement lui-même a pu commettre de plus en plus d’actes condamnables au cours d’une période donnée, mais la mise en réseau et la combinaison d’agences fédérales, étatiques et locales, du pouvoir exécutif et même de certains éléments du pouvoir législatif et judiciaire, de grands médias et de médias locaux mineurs, ainsi que de lobbyistes influents, l’Anti-Defamation Ligue (ADL) en tête, font que cette affaire remporte la palme. L’objectif ne peut être vu que comme la volonté de détruire, plus qu’un mouvement politique, plus qu’une personnalité politique – ce sont les deux – mais un moteur fertile d’idées, un objectif commun de réflexion, d’étude et d’analyse pour résoudre les problèmes, indépendamment de l’impact sur le statu quo ou sur les intérêts acquis. C’était un objectif délibéré de détruire cela à tout prix."

Prenant la parole à mon tour, je soulignai avec force que le plus grand crime à l’égard de LaRouche n’était pas d’avoir injustement jeté en prison un esprit aussi prodigue et extraordinaire, mais plutôt que la campagne massive pour diffamer son nom et ses idées ait empêché dans une large mesure la population américaine, et au-delà, le public international, de se confronter à ses idées et surtout aux solutions qu’il proposait.

Aujourd’hui, 27 ans après ce tribunal d’honneur, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Lyndon LaRouche, nous pouvons constater le résultat de cette campagne de l’oligarchie financière pour tenter de le détruire. Le système financier transatlantique est près de s’effondrer dans une crise hyperinflationniste. « L’ordre des valeurs fondé sur des règles » et l’OTAN sont un colosse aux pieds d’argile, et on assiste clairement à une tentative de contrôler les « récits » en muselant l’ensemble de la population et en qualifiant immédiatement d’« agent de Poutine », quiconque exprime une opinion différente sur les causes de la guerre ou de l’inflation. Si l’Occident continue ainsi, nous allons couler.

D’un autre côté, les idées de LaRouche ont eu un énorme succès. Ses propositions pour développer les infrastructures dans les pays en voie de développement, présentées dès le début des années 1970, son programme de « Nouvelle Route de la soie », devenue le « Pont terrestre mondial », qui était sa réponse à l’effondrement de l’Union soviétique, sont maintenant réalisés par la Chine, avec son Initiative une ceinture, une route. Le nouveau système économique et financier mis en place aujourd’hui par de nombreux pays et institutions du Sud, est basé sur le concept d’économie physique de LaRouche, tandis que les économistes de nombreux pays, notamment en Asie, étudient ses écrits et les mettent en œuvre pour le plus grand bien de leurs nations.

LaRouche était un patriote de cette Amérique qui avait remporté la première guerre d’indépendance contre l’Empire britannique, mais c’était aussi un citoyen du monde, qui mettait toujours au premier plan l’intérêt de l’humanité. Les gens en étaient bien conscients, et lorsque LaRouche se rendait dans les pays en voie de développement ou en Europe, ils lui témoignaient souvent la plus grande confiance, comme seule une véritable amitié peut le permettre.

En rejetant les idées de LaRouche, l’Occident ne s’est pas rendu service. Que les Etats-Unis aient traité aussi ignoblement leur plus grand fils restera à jamais une tache dans leur histoire. Les pays qui mettent ses idées en pratique sont déjà économiquement prospères et le seront encore plus à l’avenir. Bien que le succès officiel lui ait été refusé par les pays occidentaux au cours de sa longue vie incomparablement prolifique, il a mené une vie riche, extraordinairement épanouissante et heureuse, parce qu’il était intérieurement l’être le plus libre et le plus créateur du monde. Socrate a-t-il accompli sa mission, bien qu’ayant été assassiné ? Cela ne fait aucun doute, alors que ses meurtriers gisent, oubliés, dans la poussière.

Lyndon LaRouche est la Némésis (le « châtiment céleste ») pour ses ennemis, et la joie et la fierté d’une ère meilleure à venir pour l’humanité. Immortel, il continuera à vivre.