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Dossiers

L’Harmonie des intérêts

Henry C. Carey

16 avril 2017

Henry C. Carey a publié ce pamphlet en 1851, après avoir compilé les articles qu’il avait publiés dans le quotidien Plough, Loom and Anvil, une publication appartenant à son associé William Skinner et lue essentiellement dans le sud et l’ouest du pays, des régions hautement agricoles. Ces articles avaient notamment pour objectif de démontrer en quoi pouvaient converger les véritables intérêts des laboureurs et des propriétaires de plantations, ces derniers cherchant à libéraliser les échanges sur des matières premières comme le coton, en vue d’un enrichissement factice, aux yeux de Carey. Les extraits qui suivent sont tirés de son dernier article et ont servi de cri de ralliement en faveur d’un retour au « Système américain ».

Le monde fait face à deux systèmes :

L’un cherche à accroître le nombre de gens ainsi que le capital investis dans le commerce et les transports, diminuant du coup la partie employée dans la production de marchandises que l’on pourrait échanger et par conséquent la rentabilité générale du travail ; l’autre cherche à accroître le nombre de gens employés dans la production, diminuant la partie employée dans le commerce et les transports, avec une rentabilité accrue pour tous, accordant au laboureur un juste salaire et au capitaliste de justes profits.

L’un cherche à accroître la quantité de matières premières à exporter, à diminuer les incitations à l’importation de main d’œuvre, appauvrissant du coup tant le laboureur que le propriétaire de plantation en leur imputant le coût du transport ; tandis que l’autre cherche à accroître l’importation de main d’œuvre et à diminuer l’exportation de matières premières, enrichissant du coup tant le propriétaire de plantation que le laboureur, en les libérant du coût du transport.

L’un cherche à échanger les produits de millions d’acres de terre et du labeur de millions d’hommes contre les services de centaines de milliers d’hommes distants ; l’autre à faire venir les hommes distants pour qu’ils consomment sur place les produits de la terre, échangeant les fruits d’un travail pour les fruits d’un autre travail.

L’un cherche à forcer les laboureurs et propriétaires de plantation de l’Union à maintenir leur contribution en faveur des flottes marchandes et leurs armées, des masses paupérisées, des nobles et souverains d’Europe ; l’autre à nous donner les moyens de consacrer les mêmes efforts à l’amélioration morale et intellectuelle des souverains [1] d’Amérique.

L’un cherche à maintenir ce simulacre [2] de liberté des échanges qui rejette le principe de protection, et qui pourtant s’accommode des revenus douaniers qu’il peut en tirer ; l’autre à élargir le domaine de la liberté légitime des échanges en établissant une protection parfaite, suivie de l’intégration des individus et des communautés et ultimement de l’abolition des bureaux de douane.

L’un cherche à exporter des hommes pour occuper des lieux déserts, dont la souveraineté est acquise par voie de diplomatie ou de guerre ; l’autre à importer des millions d’hommes pour leur donner du travail.

L’un cherche à centraliser richesse et pouvoir dans une vaste cité commerciale capable de rivaliser avec les autres grandes villes de l’ère moderne, une richesse et un pouvoir qui ont été acquis et qui sont maintenus par les contributions qui ont épuisé les nations qui leur sont soumises ; l’autre à concentrer, grâce à un marché se développant là où l’on produit et permettant au laboureur et au propriétaire de plantation de s’enrichir.

L’un cherche à accroître la nécessité du commerce ; l’autre la capacité à le maintenir.

L’un cherche à avilir l’Hindou et à rabaisser le reste du monde à son niveau ; l’autre à élever les hommes du monde entier à notre niveau de vie.

L’un cultive la paupérisation, l’ignorance, la dépopulation et le barbarisme ; l’autre vise à accroître la richesse, le confort, l’intelligence, la coopération et la civilisation.

L’un vise la guerre universelle ; l’autre la paix universelle.

L’un est le système anglais ; l’autre celui que nous sommes fiers d’appeler le système américain, car il est le seul à vouloir élever et niveler la condition des hommes partout dans le monde.

Traduction : Benoit Chalifoux

D’ici à ce que cet article soit traduit dans son entièreté, vous pouvez le lire en anglais original


[1Sous-entendu les citoyens souverains, ndt.

[2L’auteur utilise le qualitatif bâtarde, ndt.