Committee for the Republic of Canada
Comité pour la République du Canada
www.committeerepubliccanada.ca / www.comiterepubliquecanada.ca

 

News / Brèves

Il n’y a pas d’alternative aux négociations de paix avec la Russie !

14 novembre 2022

.

S&P—Après que le général américain Mark Milley, chef d’État-Major des armées, a suggéré que le retrait russe de Kherson pourrait ouvrir la voie à des négociations entre la Russie et l’Ukraine, deux généraux européens à la retraite, l’un français, l’autre britannique, ont pris des positions opposées sur la question — le premier étant favorable aux negociations, le second clairement contre. Signe que sous la surface, de rudes tiraillements divisent les élites sur la question de la guerre et de la paix.

Le jour-même du discours de Milley, le général à la retraite Pierre de Villiers, ancien chef d’état-major des armées françaises, a fait valoir que l’Europe n’avait rien à gagner à continuer à soutenir militairement le régime de Kiev. « La guerre en Ukraine n’est pas l’intérêt des pays européens, certainement pas de la France, peut-être des Américains », a-t-il déclaré le 9 novembre sur BFMTV.

Affirmant que cette guerre « n’est pas la nôtre », de Villiers a poursuivi en faisant part de son espoir de voir l’Europe mettre un frein à son alignement systématique sur les intérêts militaires américains, et cherche plutôt « une solution diplomatique par le haut ».

" Le défi, de mon point de vue, est d’arrêter l’escalade, a-t-il affirmé. Depuis le 24 février, nous sommes dans une escalade permanente. Il est temps de trouver une solution qui ne déshonore pas les Ukrainiens qui se battent courageusement et qui ont été attaqués. "

Dans un discours diamétralement opposé, le général britannique à la retraite Richard Shirreff, ancien commandant adjoint de l’Otan, a appelé quant à lui à refuser toute négociation avec la Russie. « Toute allusion à des négociations reviendrait à rentrer dans le jeu de Poutine, car cela lui signifireait qu’il a encore quelque chose à quoi se raccrocher », a-t-il déclaré le 10 novembre dans une interview sur Times Radio, ajoutant : « Mais ne vous y trompez pas – les objectifs à long terme de Poutine seront de poursuivre la guerre et de reconstruire l’Empire russe et de rayer l’Ukraine de la carte ».

Shirreff, qui a pris sa retraite en 2014, a affirmé qu’un règlement négocié pour mettre fin aux combats n’aboutirait à rien. « Tout ce que cela fera, c’est permettre à la Russie de reprendre, de reconstruire, de se régénérer, de se recycler et de recommencer. La conclusion à en tirer est la suivante : Il n’y aura pas de paix en Europe tant que Poutine ou un sosie de Poutine sera au Kremlin ».

De tels commentaires suggèrent que l’Otan, sous l’emprise totale des Anglo-Américains et de leur complexe militaro-financier, persiste dans son illusion d’imposer une victoire ukrainienne complète sur le champ de bataille et un changement de régime à Moscou.

Ajoutons qu’au-delà de Moscou, c’est vers Beijing que les regards des Atlantistes se tournent, comme le montrent les récentes déclarations de l’amiral Charles Richard, le dirigeant du US Strategic Command, a déclaré que « cette guerre ukrainienne dans laquelle nous sommes maintenant plongés n’est qu’un exercice d’échauffement (warmup). La Russie ne va pas disparaître et notre grand affrontement sera contre la Chine ». Le même Richard avait suggéré en février 2021, soit quelques semaines après l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, que l’armée américaine passe « du postulat ‘l’emploi de l’arme nucléaire est impossible’ à celui de ‘l’emploi de l’arme nucléaire’ est une possibilité très réelle », comme nous l’avions rapporté sur ce site.

La réalité de cette terrible guerre en Ukraine est que les dirigeants américains et européens se servent cyniquement du peuple ukrainien comme « chair à canon », « au nom d’une idéologie et d’intérêts financiers qui sont ceux d’un camp occidental qui a voulu s’étendre de plus en plus vers l’Est », comme l’a dit Jacques Cheminade dans son Éclairage du 10 novembre (voir ci-dessous).

Alors, disons-le clairement : Il n’y a pas d’alternative aux négociations de paix !

Écoutez, L’éclairage de Jacques Cheminade
Récession, guerre : ils sont responsables ET coupables